Festival Off d’Avignon : "La Dernière bande", Denis Lavant impressionne dans un Beckett radical

Jacky Bornet
Régulièrement à Avignon, Denis Lavant interprète cette années dans le Off "La Dernière bande", un seul en scène de Samuel Beckett où il fait merveille.

En attendant Godot ou Fin de partie de Samuel Beckett ont fait et font encore les belles heures du festival d’Avignon. C’est une de ses œuvres moins connues qui s’installe dans le Off cette année, avec La Dernière bande. Un seul en scène où Denis Lavant impressionne, au carrefour du clownesque et de la pantomime avec cette expressivité dont il est seul détenteur. A voir au Théâtre des Halles jusqu’au 28 juillet.

Fondu au noir

D’abord le vide, un espace noir durant de longues secondes. Finalement, un plafonnier s’allume au-dessus d’un homme amorphe assis devant un magnétophone à bande sur son bureau. Pas un geste, pas un mot durant de longues minutes. Tellement longues que cela en devient drôle. Enfin, il extrait de sa poche un trousseau de clés - très importantes, les clés -, se lève, fait le tour du meuble, farfouille dans un tiroir pour en extraire une banane. Il se plante frontalement face au public, et la dépiaute méticuleusement avant de la prendre en bouche, sans la mordre. Puis il la dévore, non sans avoir préalablement jeté la peau sur laquelle il glissera plus tard…


Cette immobilité, ces gestes minutés, cette pantomime délectable, introduisent un festival tragi-comique. Un homme écoute une bande magnétique extraite de son journal intime, où il a enregistré le souvenir d’un (...)

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