Le Festival Kinopolska, ou la preuve de la passion des Polonais pour leur histoire

Witold Gombrowicz

Deux semaines après le 17e festival de cinéma russe à Paris, qui se tient traditionnellement à l’Arlequin (l’ex-Cosmos du temps de l’URSS), la cinématographie polonaise revient à son tour avec la 12e édition de son propre festival, Kinopolska, qui est accueilli au cinéma Balzac du 29 novembre au 02 décembre. Dans le sillage de la venue à Paris, lundi 25 novembre au théâtre de l’Odéon, d’Olga Tokarczuk, toute fraiche prix Nobel de littérature 2018, le festival rend hommage à l’écrivain Witold Gombrowicz (1904-1969), avec plusieurs films tournés d’après ses œuvres, tels « Cosmos » d’Andrzej Zulawski, et un documentaire qui lui est consacré. On ne peut cependant que regretter que ne figure pas au programme de Kinopolska "Pokot", l'excellent film de 2017 d'Agnieszka Holland, adopté du roman "sur les ossements des morts" d'Olga Tokarczuk, qui en a co-écrit le scénario. Et que ce film n'ait pas trouvé de distributeur en France...

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A en juger par le reste de la programmation, constituée de films récents et inédits en France, c’est à nouveau l’histoire mouvementée et tragique de la Pologne qui inspire les cinéastes présentés. Ainsi, « Pilsudski », de Michal Rosa, un biopic idolâtre sur le maréchal apôtre de l’indépendance du pays, « Outsider », d’Adam Sikora, un film consacré aux mésaventures d’un étudiant sous la loi martiale, instaurée en 1981 par le général Jaruzelski, et enfin « Wilkolak », d’Adrian Panek. Ce dernier, qui raconte la difficile survie d’un groupe d’enfants juifs libérés d’un camp de concentration allemand, livrés à une meute de chiens nazis dans une forêt, est selon nous le plus abouti, même s’il inflige au spectateur des doses massives d’adrénaline. Enfin, deux films présentés, « Un soir en Toscane », de Jacek Borcuch sur une poétesse juive polonaise prix Nobel exilée en Italie, et « La communion », de Jan Komasa, qui raconte la vocation contrariée d’un jeune délinquant, qui finit par endosser frauduleusement la soutane, sortiront en début d’année prochaine en salle.

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