Publicité

Festival de Clermont 2024: Fatima Kaci, «être la voix des autres, c’est aussi une souffrance»

« J’ai grandi entre deux langues. » Avec La Voix des autres, la réalisatrice Fatima Kaci, née en 1992, en France, de parents algériens, nous plonge dans la réalité d’une interprète tunisienne vivant à Paris, en charge de traduire de façon « neutre » les récits des demandeurs d’asile lors de leur audition devant l’administration française. En compétition au Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand, son film de fin d'études de la Fémis épate par la clarté de l’enjeu insoluble : peut-on traduire la vie tragique d’une personne ?

RFI : La voix des autres, résumez-nous votre film en une phrase.

Fatima Kaci : C’est l'histoire d'une interprète renvoyée à ses propres fantômes.

C’est le récit d’une interprète tunisienne au service de l’administration qui traite les demandes d'asile en France. Combien de « documentaire » est dans cette fiction ?

Effectivement, c'est une fiction très documentée. J’ai construit ce personnage de l'interprète aussi à partir de témoignages d'interprètes professionnels travaillant aussi parfois dans ces institutions. L'enjeu, c'était de fictionnaliser ce personnage pour tenter de saisir au mieux la problématique de cette femme. Mais tous les interprètes vivent leur métier de manière très différente, donc ça reste un personnage de fiction et un point de vue qui est le mien sur cette réalité.

Dans votre film, plusieurs demandeurs d'asile défilent avec leurs histoires du Tchad, du Mali, du Soudan, de la Syrie... Quand on est la voix des autres, garde-t-on encore sa propre voix ?


Lire la suite sur RFI