Fermetures des écoles: Blanquer estime qu'un "chemin d'équilibre" a été trouvé

Hugo Septier avec AFP
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Le ministre français de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer à l'Assemblée nationale à Paris, le 9 mars 2021 - MARTIN BUREAU © 2019 AFP
Le ministre français de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer à l'Assemblée nationale à Paris, le 9 mars 2021 - MARTIN BUREAU © 2019 AFP

Opposé depuis plusieurs semaines à la fermeture des établissements scolaires, Jean-Michel Blanquer a été forcer de lâcher du lest. Ce jeudi, au lendemain de la prise de parole d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Éducation a estimé qu'un "chemin d'équilibre" avait été trouvé en fermant les écoles, collèges et lycées pendant trois à quatre semaines comprenant des vacances scolaires.

"Nous avons sauvé l'essentiel", avec un temps de pause qui est "essentiellement du temps de vacances", a-t-il dit au micro de RTL.

Vacances unifiées

Mercredi soir, le président Emmanuel Macron a annoncé que les crèches, écoles, collèges et lycées seraient fermés dès vendredi soir et les vacances scolaires de printemps unifiées sur tout le territoire à partir du 12 avril.

La semaine du 5 au 12 avril, "les cours pour les écoles, collèges et lycées se feront à la maison, sauf pour les enfants des soignants et de quelques autres professions, de même que les enfants en situation de handicap", a indiqué le chef de l'Etat.

Elle sera suivie de deux semaines de vacances à partir du 12 avril, pour toutes les zones, avant une rentrée le 26 avril en présentiel dans les écoles et en distanciel pendant une semaine de plus dans les collèges et lycées.

"Une petite parenthèse en avril"

Une "solution de raison, c'est-à-dire d'équilibre", a repris le ministre. "Nous savions bien que nous devions prendre des mesures de dernier ressort".

"Nous avons trouvé un chemin d'équilibre, face à la contrainte nous avons pris les mesures qu'il fallait", a-t-il poursuivi. "Les élèves français auront eu l'année la moins anormale possible, la plus continue", s'est-il aussi félicité, alors que les établissements scolaires s'apprêtent à fermer pour la première fois depuis le printemps 2020, "une petite parenthèse en avril".

Pourquoi ne pas avoir décrété trois semaines de vacances comme le réclamaient certains, à partir de la semaine prochaine ? "Nous cherchons de la continuité pédagogique et à diminuer les interactions sociales, c'est ce qui se passe avec l'enseignement à distance", a répondu Jean-Michel Blanquer.

Il a aussi souligné qu'il y aurait des "activités de plein air pour les enfants et les ados" pendant la période "scolaire" de ces trois semaines.

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Interrogé sur la possibilité de fermer les écoles une semaine de plus si la pression sanitaire ne baisse pas, il a répondu: "On envisage toujours tous les scénarios" mais "ce n'est pas l'hypothèse privilégiée."

Réunis en visioconférence avec le ministère, les syndicats enseignants ont tous insisté sur les conditions sanitaires du retour à l'école "qui doivent mieux prendre en compte l'aération et la désinfection des locaux" mais "ne doivent pas être annoncées au dernier moment."

Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU (premier syndicat du primaire), demande déjà "un cadre très clair pour le retour en classe fin avril, avec un protocole sanitaire plus strict". Elle évoque aussi "la mise en place des demi-groupes dans chaque classe, comme en mai dernier, pour diminuer les brassages d'élèves", ce qui signifie que les enfants n'iraient pas à l'école à temps-plein.

Une mesure "qui parait difficile à faire passer auprès des parents d'élèves car ils l'ont mal vécu l'an dernier", estime Stéphane Crochet, du SE-Unsa.

De son côté, Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire, estime que le retour en classe ne pourrait se faire "qu'avec des tests salivaires ou antigéniques durant les premières semaines pour casser les chaînes de contamination ou encore un calendrier de vaccination des enseignants très clair et la mise en place de demi-groupes".

Article original publié sur BFMTV.com