Fermeture de Fessenheim: Royal monte au créneau avant un vote à EDF

La ministre française de l'Environnement Ségolène Royal à Paris, le 5 avril 2017

Paris (AFP) - La ministre de l'Energie Ségolène Royal a mis en garde mercredi les administrateurs d'EDF sur le "coup" qu'ils porteraient à l'entreprise s'ils ne donnaient pas leur feu vert à une nouvelle étape vers la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.

"Je mets en garde les administrateurs d'EDF (...) qui porteraient ainsi atteinte à l'intérêt de l'entreprise", qui doit accélérer sa transition vers les énergies renouvelables, a déclaré la ministre sur la chaîne de télévision CNews, à la veille d'un conseil d'administration de l'électricien.

"Ce serait un coup porté à EDF si (...) demain les choses ne se passaient pas correctement", a-t-elle ajouté, estimant que le maintien en vie de Fessenheim mobiliserait des investissements qui "ont mieux à faire dans les énergies renouvelables".

"Il y a des manoeuvres idéologiques qui ne sont pas à mes yeux conformes à l'intérêt de l'entreprise", a insisté la ministre auprès de l'AFP.

Les administrateurs de l'électricien doivent se prononcer jeudi sur la demande d'abrogation de l'autorisation d'exploiter la centrale alsacienne (Haut-Rhin). Or l'incertitude règne encore à la veille de cette réunion.

Les six administrateurs salariés s'opposeront à une telle demande, jugeant que la fermeture de la doyenne des centrales françaises serait préjudiciable aux emplois et les six représentants de l'Etat ne voteront pas, en raison d'un conflit d'intérêts, le groupe étant détenu à 83,10% par des capitaux publics.

Mais des questions demeurent sur la position des six administrateurs indépendants, dont le PDG du groupe Jean-Bernard Lévy, dont la voix est prépondérante en cas d'égalité.

La ministre l'a rencontré mardi et il lui a "dit que certains administrateurs seraient tentés de remettre en cause leur décision du précédent conseil d'administration pour ajouter de nouvelles conditions", a également déclaré Mme Royal à l'AFP.

Fin janvier, les administrateurs avaient en effet approuvé le protocole d'indemnisation d'EDF pour la fermeture de la centrale et ils avaient "subordonné" la présentation de cette demande d'abrogation à trois conditions, désormais toutes remplies.

Selon une source proche du dossier, un des scénarios sur la table ferait apparaître une nouvelle condition: que la centrale alsacienne ne ferme pas si la capacité de production nucléaire venait à baisser en dessous du niveau actuel, en raison par exemple de l'indisponibilité d'un réacteur sur une longue durée.

Si la demande d'abrogation d'exploitation de la centrale est approuvée jeudi, le gouvernement devra encore prendre un décret pour l'entériner.

Après quoi EDF devra préparer, en lien avec l'Autorité de sûreté nucléaire, la déclaration de mise à l'arrêt de Fessenheim. Cette étape précède le décret de démantèlement, qui pourra être pris après arrêt de la centrale et enquête publique, au plus tard dans les deux ans suivant la déclaration de mise à l'arrêt.

La fermeture de la doyenne des centrales françaises est prévue à l'horizon 2019 lorsque l'EPR de Flamanville entrera en service.

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