Fermeture de Fessenheim : EDF obtient un report et atomise la promesse de Hollande

Libération.fr

Le conseil d’administration a obtenu la possibilité de ne pas fermer la centrale nucléaire fin 2018 en cas d’arrêt d’une autre centrale. Une décision qui reviendra au futur locataire de l’Elysée.

Une fermeture juridiquement actée, mais politiquement reportée. Fessenheim pourra cesser sa production nucléaire fin 2018-début 2019, lorsque le nouveau réacteur EPR de Flamanville (Manche) entrera en service. Mais à certaines conditions arrachées par l’électricien. Ainsi en a décidé le conseil d’administration d’EDF, à l’issue d’un véritable psychodrame entre l’industriel et le gouvernement qui voulait tenir à tout prix la promesse de campagne faite en 2012 par le candidat Hollande. Vers 18 heures jeudi, après une séance tendue, le conseil d’EDF a donc approuvé une délibération permettant au groupe de faire «une demande d’abrogation de l’autorisation d’exploitation de la centrale nucléaire de Fessenheim». Mais cette demande, qui revient à engager le processus de fermeture de la doyenne des centrales nucléaires françaises, ne sera pas faite immédiatement : EDF devra l’«adresser [à l’Etat] dans les six mois précédant» la mise en service de l’EPR de Flamanville, prévue à l’horizon 2019. Ce qui laisse encore pratiquement deux ans de production nucléaire aux deux réacteurs de 900 mégawatts.

En clair, l’électricien est parvenu à gagner du temps et la demande d’abrogation de l’autorisation d’exploitation ne sera pas prise tout de suite, comme l’avait souhaité Ségolène Royal.

A la carte. La signature du décret de fermeture de Fessenheim reviendra donc au prochain gouvernement. Pis, une condition drastique posée par le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a été ajoutée et votée par les administrateurs : Fessenheim ne sera arrêtée que si aucune autre centrale ne ferme, EDF voulant rester au plafond de production nucléaire de 63 gigawatts autorisé par la loi sur la transition énergétique. Une fermeture à la carte en somme… Voilà qui devrait faire hurler les associations antinucléaires.

C’est (...)

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