Fermé à cause du Covid-19, le zoo-refuge La Tanière se bat pour sa survie et appelle aux dons

Hugo Septier
·4 min de lecture
Un soignant s'occupe d'un éléphant dans le zoo-parc La Tanière  - La Tanière
Un soignant s'occupe d'un éléphant dans le zoo-parc La Tanière - La Tanière

"Le rêve de toute une vie." Dans une vidéo récemment mise en ligne, Francine et Patrick Violas tirent le signal d'alarme. Fondateurs de La Tanière, un zoo-refuge situé à quelques kilomètres de Chartres dans le département de l'Eure-et-Loir, ces derniers appellent aux dons afin de sauver leur projet, qui consiste à recueillir les animaux en difficulté, maltraités, saisis par les autorités ou bien abandonnés par des cirques ou aux portes de l'abattoir. Parmi les pensionnaires, plusieurs singes, mais aussi des lions, ours ou encore éléphants.

"Nous sommes plus un refuge qu'un zoo. La différence c'est qu'il n'y a pas de plan de collection, on ne choisit pas les espèces, on prend ce qu'il y a à sauver. Il n'y a pas de reproduction, et les soigneurs s'occupent d'animaux cassés", explique auprès de BFMTV.com Sophie Fernandes Petitot, chargée de communication du site.

Seulement, ce refuge d'un genre tout particulier est actuellement en grand danger. Ouvert au printemps 2020, il n'a quasiment pu accueillir de public depuis maintenant un an, un manque à gagner extrêmement problématique, qui a poussé les propriétaires à réaliser un premier appel aux dons il y a plusieurs semaines. Avec succès, puisque dans une seconde vidéo, ces derniers se félicitent d'avoir recueilli 3000 dons, pour un montant total de 250.000 euros.

Assurer l'avenir du site

Dans leur appel, Francine et Patrick Violas se disent également surpris de la manière dont les pouvoirs publics gèrent l'actuelle crise sanitaire.

"On a parfois du mal à comprendre, étant en extérieur, que l’on ne puisse pas être ouverts. Mais bon, on est obligés de se plier à la règle", expliquent-ils.

D'autant que le site ne reçoit "pas d'aide de l'Etat", ces dernières sont indexées sur le chiffre d'affaires 2019 des entreprises. Or, La Tanière n'a ouvert ses portes qu'en mars 2020. Une situation paradoxale pour Sophie Fernandes Petitot.

"L'état est pourvoyeur à 80% de nos animaux. Ils proviennent de la police, des gendarmes, des douanes, mais nous n'avons pas d'aides financières derrière et on nous interdit d'ouvrir. Les animaux ne sont pas 'subventionnés' par le pouvoir et les recettes des billets, souvenirs et restauration ne fonctionnent plus", explique-t-elle, ajoutant que les frais du parc s'élèvent entre "15 à 20.000 euros par jour."

Toutefois, grâce entre autres à l'aide de Guillaume Kasbarian, député de la 1ère circonscription d'Eure-et-Loir, la situation de La Tanière a pu être relayée en haut lieu, et le gouvernement via la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a finalement consenti une donation de 360.000 euros. Une somme qui ne devrait toutefois pas suffire à renflouer les lieux.

"On a un retard d’un an, soit à peu près 4 millions", estiment les fondateurs. "C'est l'équivalent de deux mois de nourriture", reprend Sophie Fernandes Petitot, toujours auprès de BFMTV.com. "Cela ne couvre pas le gîte, les soins, la masse salariale, le chômage partiel n'existe pas ici. C'est un premier pas mais c'est une goutte d'eau. On ne peut pas nourrir les animaux dénutris avec des aliments de seconde main", ajoute-t-elle.

Appel aux visiteurs

Alors afin de sauver le refuge, un nouvel appel aux dons a été lancé ces dernières heures.

"Vous détenez la solution! Vous êtes la force vive de ce pays!", assurent Francine et Patrick Violas.

Il est également possible pour les futurs visiteurs d'acheter en pré-vente des billets valables 5 ans pour une future réouverture du site, possiblement dans les mois à venir. Un concours a été également lancé pour remporter des billets VIP qui permettraient au gagnant, ainsi qu'à quatre personnes de son choix, de découvrir l'evers du décor avec les fondateurs et d'accéder à des zones "off" du parc.

"Les visiteurs peuvent découvrir une multitude d’enclos et volières réservés successivement aux animaux domestiques, aux éléphants, aux fauves, aux daims, aux oiseaux, aux chameaux, aux wallabies, etc. Les ours sont observables dans leur tanière, les otaries nagent et jouent dans leurs bassins. D’ici 2021, des groupes de singes évolueront sur leurs îles et les visiteurs pourront se balader au milieu d’animaux dans la volière immersive…", est-il expliqué sur le site officiel, où une page est spécialement réservée aux dons.

Article original publié sur BFMTV.com