Les femmes peu qualifiées travaillent plus en horaires décalés

La part des femmes cadres en horaires atypiques diminue de 23% entre 2013 et 2019 tandis qu’elle augmente de 11% pour les ouvrières non qualifiées. (Photo: Maskot via Getty Images)
La part des femmes cadres en horaires atypiques diminue de 23% entre 2013 et 2019 tandis qu’elle augmente de 11% pour les ouvrières non qualifiées. (Photo: Maskot via Getty Images)

La part des femmes cadres en horaires atypiques diminue de 23% entre 2013 et 2019 tandis qu’elle augmente de 11% pour les ouvrières non qualifiées. (Photo: Maskot via Getty Images)

TRAVAIL - Ce sont les moins qualifiées qui travaillent le plus en horaires décalés. L’exposition des femmes aux horaires “atypiques”, en particulier le travail habituel le samedi et le dimanche, a progressé entre 2013 et 2019 pour les moins qualifiées alors qu’elle a diminué pour les cadres, selon une étude publiée le 27 avril par l’Institut national d’études démographiques (Ined).

“La part des femmes cadres en horaires atypiques diminue de 23% entre 2013 et 2019 tandis qu’elle augmente de 11% pour les ouvrières non qualifiées. Chez les hommes, la polarisation sociale est moins marquée. La part des cadres diminue de 14% tandis que celle des ouvriers non qualifiés stagne”, constate l’étude, réalisée à partir des enquêtes “Conditions de travail” de la Dares.

Métiers féminisés

Dans l’étude, un salarié est dit en horaires atypiques “s’il déclare travailler habituellement selon au moins l’une des modalités suivantes: tôt le matin (5h-7h), tard le soir (20h-0h), la nuit (0h-5h), le samedi, le dimanche”.

Les femmes peu qualifiées sont surreprésentées dans les métiers du commerce où le travail dominical a progressé (vendeuse, agent de nettoyage...) ainsi que dans les métiers des services à la personne (aide-soignante, aide à domicile, aide-ménagère), “où les horaires atypiques sont structurels”, explique l’étude.

En 2019, 36% des salariés travaillent habituellement en horaires atypiques. Cette fréquence, qui situe la France dans la moyenne européenne, apparaît stable au cours de la dernière décennie.

“Toutefois, tandis que le travail du soir et de nuit a légèrement reculé entre 2013 et 2019, le travail du samedi, du dimanche et du matin (de 5h à 7h) a augmenté pour certaines catégories de salariés”, selon l’étude, qui y voit une conséquence des lois qui ont étendu le recours dérogatoire au travail dominical et favorisé la modulation du temps de travail.

Les femmes travaillent plus le week-end

Les femmes sont désormais proportionnellement plus nombreuses que les hommes à travailler avec des horaires atypiques (37% contre 35%). Elles travaillent plus souvent le samedi et le dimanche. Les hommes restent proportionnellement plus nombreux à travailler tôt le matin, le soir et surtout la nuit, mais leur exposition tend à se réduire.

L’association entre les horaires atypiques et le sexe varie à la fois selon la catégorie socioprofessionnelle et le secteur d’activité. “Les ouvrières non qualifiées travaillent fréquemment comme agentes d’entretien tandis que les hommes sont plus souvent manœuvres dans le BTP où les heures diurnes et en semaine sont plus fréquentes”, cite en exemple l’étude.

Outre ces horaires atypiques, les ouvrières et employées non qualifiées font aussi plus souvent face à des journées discontinues (périodes de travail séparées d’au moins 3h) et des horaires imprévisibles (connus un jour à l’avance ou moins). Selon l’étude, ce groupe des “petits temps fragmentés et horaires imprévisibles” rassemble 18% des salariés.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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