Les femmes les plus modestes et les plus aisées sont celles qui ont le plus d'enfants

Mélanie Rostagnat
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Une infirmière s'occupe d'une femme enceinte à la maternité des Diaconesses à Paris, le 17 novembre 2020 - Martin BUREAU © 2019 AFP
Une infirmière s'occupe d'une femme enceinte à la maternité des Diaconesses à Paris, le 17 novembre 2020 - Martin BUREAU © 2019 AFP

L'Institut national des statistiques s'est intéressé au lien entre le taux de fécondité en France et le niveau de vie des mères dans une étude dont les résultats ont été publiés mercredi. Cette enquête conclut que les femmes les plus modestes et les plus aisées ont en moyenne plus d'enfants que celles bénéficiant d'un niveau de vie intermédiaire.

Après avoir analysé le nombre de naissances entre 2012 et 2017 et sur la base de projections, l'Insee souligne en effet que les 10 % de femmes les plus modestes (autour de 633 euros par mois) donnent naissance en moyenne à 2 enfants au cours de leur vie et les 10 % les plus aisées (autour de 4302 euros par mois) en ont 1,9. La fécondité est la plus basse chez les femmes ayant un niveau de vie autour de 1400 euros par mois avec 1,5 enfant par femme.

Un premier enfant plus tardif chez les femmes aisées

Les femmes modestes et aisées se distinguent toutefois quant à l'âge auquel elles ont leur premier enfant. Plus le niveau de vie est élevé, plus les femmes ont leurs enfants tard, note ainsi l'Insee. "Les femmes les plus aisées ont leur premier enfant en moyenne à 31 ans, soit 3 ans plus tard que les plus modestes", précise au Parisien Isabelle Robert-Bobée, cheffe de la division enquêtes et études démographiques à l'Insee.

Ce qui diffère également entre les deux extrêmes est la part de familles nombreuses. Alors que plus d'un tiers des femmes les plus modestes ont trois enfants ou plus, le modèle de famille à deux enfants est prédominant chez les femmes les plus aisées qui ne seraient que 8% à ne pas avoir d'enfant du tout. Un chiffre qui grimpe à près de 25% chez les femmes ayant un niveau de vie intermédiaire.

"Certaines femmes souhaitent peut-être attendre d'avoir un niveau de vie suffisant pour élever un enfant dans les conditions matérielles suffisantes qu'elles aimeraient", explique au quotidien Isabelle Robert-Bobée, qui nuance: "c'est quand même plus compliqué que cela" car "il existe quelque chose que nous ne pouvons pas mesurer: le souhait de vouloir un enfant, qui est un élément essentiel".

Article original publié sur BFMTV.com