Tous avec les femmes contre les violences

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Tous les trois jours en France, une femme est tuée par son conjoint ou son ex-conjoint ; 136 femmes ont perdu la vie dans ces conditions depuis le début de l’année. Le scénario est toujours le même : coups, harcèlement, menaces... Bien souvent, ces meurtres sont prévisibles, annoncés par des dépôts de plaintes des femmes apeurées. Ou des mains courantes. Dimanche dernier, en Alsace, une femme de 40 ans a été tuée à coups de couteau sous les yeux de sa fille. Comme toujours, elle avait porté plainte, un juge avait été saisi, l’homme était convoqué le 10 décembre. Trop tard. Dans combien d’autres cas, les plaintes n’aboutissent à rien, alors que chacun sait combien il faut de courage pour porter plainte contre l’homme avec qui vous avez fait votre vie. Affronter les regards, parfois même les moqueries ou les remarques salaces. Combien rebroussent-elles chemin et préfèrent le silence ? Car derrière ces meurtres de femmes, ces « féminicides » comme on les nomme désormais, il y a toute la question des violences à l’égard des femmes, comme celles récemment dénoncées par l’actrice Adèle Haenel contre un metteur en scène. Car elle n’a pas fait qu’accuser. En disant « les monstres, ça n’existe pas : c’est notre société, c’est nos amis, c’est nos pères. On n’est pas là pour les éliminer, on est là pour les faire changer », la jeune actrice est devenue, par sa force et son intelligence, un symbole de cette lutte. C’est toute la société qu’elle interroge. Elle nous interroge. Dans la même perspective, des personnalités, de Julie Gayet à Josiane Balasko, de Virginie Efira à Muriel Robin appellent aujourd'hui à une marche contre les violences faites aux femmes.

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