Ces femmes artistes spoliées, épisode 5: Gerda Taro

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
·3 min de lecture
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
Une exposition consacrée à la
Une exposition consacrée à la

Elle est la première femme photojournaliste tuée dans l'exercice de ses fonctions. Gerda Taro, connue pour ses reportages sur la guerre d'Espagne, est longtemps restée dans l'ombre de Robert Capa, l'un des plus grands correspondant de guerre qui a fondé l'agence Magnum. C'est elle qui a contribué à lancer la carrière de Robert Capa, au détriment de la sienne.

Elle invente son pseudonyme

Née en 1910 en Allemagne dans une modeste famille de commerçants juifs, celle qui est née Gerta Pohorylle étudie l'art et la politique. Elle milite très jeune contre le régime nazi. Elle est d'ailleurs arrêtée pour avoir distribué des tracts et passe par la prison. Face à la montée de la répression contre les opposants politiques, elle fuit l'Allemagne et se réfugie en France.

À Paris, elle fait la connaissance d'un photographe d'origine hongroise, Endre Erno Friedmann. Elle le fait entrer dans l'agence photo pour laquelle elle travaille. Leur relation professionnelle devient amoureuse. C'est grâce à elle qu'il deviendra l'un des plus grands photographes du XXe siècle. C'est elle qui fait la promotion des clichés de son compagnon dans les journaux et c'est elle qui forge la légende.

Elle invente pour lui le personnage du photographe américain et lui donne le pseudonyme de Robert Capa. Elle prend pour elle-même celui de Gerda Taro. Tous deux suivent, comme photographes de guerre, les combats des Brigades internationales aux côtés des combattants républicains.

Sa tombe dessinée par Giacometti

Alors qu'ils signent leurs photos de leurs deux noms, Robert Capa gagne une reconnaissance international alors que le travail de Gerda Taro demeure méconnu. Après une relation de quartre ans, elle décide de le quitter pour couvrir le bombardement de Valence et vendre son travail sous son seul nom.

Sa carrière de photographe aura été courte. À seulement 26 ans, elle meurt lors d'un reportage pendant la guerre civile espagnole, écrasée par un char républicain. Son enterrement à Paris au cimetière du Père-Lachaise en présence de milliers de personnes devient une manifestation antifasciste. Son éloge funèbre est prononcé par Pablo Neruda et Louis Aragon. Et sa tombe est dessinée par le sculpteur Alberto Giacometti.

Dans l'ombre de Robert Capa

Si Gerda Taro reste une pionnière et une grande photographe, ses clichés sont longtemps restés dans l'ombre de Robert Capa. Mais en 2007, une mystérieuse valise est retrouvée à Mexico: elle contient 4500 négatifs de Gerda Taro, Robert Capa et David Seymour (un photographe cofondateur de l'agence Magnum) réalisés durant la guerre d'Espagne.

Ces négatifs permettent de reconsidérer sous un nouvel angle l'importance du travail de Gerda Taro, oublié pendant près d'un demi siècle, et de lui restituer la maternité de son travail. Certaines photographies, attribuées à tort à Robert Capa, sont en fait l'œuvre de Gerda Taro.

Pour lire les précédents épisodes de la série, c'est ici. Le premier consacré à la sculptrice Camille Claudel, le deuxième à la peintre Margaret Keane. Le troisième à la compositrice Fanny Mendelssohn et le quatrième à la miniaturiste Marie-Anne Fragonard.

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles