“Femme, vie et liberté” : la colère des Iraniennes ne tarit pas

STEPHANIE KEITH / AFP

Alors que le président iranien était à New York pour participer aux réunions de l’Assemblée générale de l’ONU et prononçait un discours sur “la lutte contre l’injustice” et l’impérialisme occidental, en Iran, la rue continuait de gronder, mercredi 21 septembre, pour le cinquième jour consécutif, en réaction à la mort de Mahsa Amini – devenue un symbole de l’oppression des femmes par le régime des mollahs –, faisant fi de la répression policière et des restrictions d’accès à Internet et aux réseaux sociaux, rapportent, ce jeudi, plusieurs médias arabes.

Selon le site Middle East Eye (MEE), les manifestations qui secouent plusieurs villes du pays depuis samedi dernier – jusqu’à la ville sainte de Qom, au sud-ouest de Téhéran, la cité natale du guide suprême Ali Khamenei – ont gagné en ampleur et se démarquent par une forte participation féminine, des actes de défiance inédits et une mobilisation de toutes les classes sociales.

Les femmes sur le devant de la scène

“Sur des images qui ont frappé les esprits par leur puissance comme par leur rareté, des Iraniennes dansent en pleine rue avec leur voile dans la main […] ou encore marchent fièrement la tête nue dans les allées grouillantes de différentes villes du pays”, souligne le quotidien libanais L’Orient-Le Jour.

Dans une des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, l’on voit des femmes ôter leur voile et le jeter au feu au milieu des applaudissements d’une foule en liesse, une scène jusqu’ici inédite dans ce pays au régime islamique depuis 1979.

Une femme de 31 ans faisait partie des manifestantes. Citée par MEE, elle témoigne :

“J’ai vu ce moment incroyable où les autres filles faisaient tournoyer leur voile en l’air et criaient ‘Femme, vie et liberté’.”

Ailleurs, la violence était au rendez-vous, des manifestants ayant incendié des véhicules de police et brûlé un portrait immense du général Qassem Soleimani, un des piliers du régime, tué par une frappe américaine en Irak en janvier 2020, tandis que des images ont défilé sur les réseaux sociaux montrant des manifestants résistant aux forces de l’ordre.

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