La femme est l'avenir de l'homme : hommage à Gisèle Halimi

·2 min de lecture
*
*

Émancipation... Ce mot désigne toute sortie de la dépendance et de l'aliénation, quel qu'en soit le registre. Il pourrait résumer l'ensemble des combats de Gisèle Halimi, décédée mardi 28 juillet à 93 ans. Anticolonialiste, altermondialiste, généreuse avocate des plus démunis et militante admirable de la libération des femmes, elle fut l'inspiratrice majeure de la loi Veil qui libéralisa l'avortement. Sa conception du droit fut assez exigeante pour ne pas se contenter de libertés formelles inaccessibles à ceux qui n'ont pas les moyens de leur donner chair et vie. Ainsi, non contente de conquérir pour les femmes le droit de disposer librement de leur corps, elle milita pour qu'elles jouissent des moyens de le faire, notamment par la gratuité de l'avortement et de la contraception.

Elle restera un bel exemple d'universalisme humaniste. Dans une préface à une réédition de son livre La cause des femmes en 1993 elle écrivait ceci : "Enfermée dans son rôle féminin, la femme ne mesure pas à quel point son oppresseur est lui-même prisonnier de son rôle viril. En se libérant, elle aide à la libération de l’homme. En participant à égalité à l’Histoire, elle la fait autre. […]" C'est en ce sens que "la femme est l'avenir de l'homme", comme disait Aragon. Affranchi de son rôle de macho dominateur, l'homme noue avec la femme une relation d'amour et de respect dans la sensibilité qui fait qu'en se donnant librement l'un à l'autre les deux partenaires jouissent d'une plénitude nouvelle. Une leçon très actuelle au regard des nouvelles formes de féminisme prétendu, qui croient devoir convertir en vengeances réactives les luttes émancipatrices. Étrangère à toute idée de guerre des sexes ou des races elle rappelait inlassablement que c'est l'humanité tout entière qui se libère quand elle surmonte les oppressions et les aliénations dont sont victimes certains êtres humains.

Lire la suite