«La femme du fossoyeur», la Somalie de Khadar Ayderus Ahmed

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Ce n’est pas seulement un très grand premier film de Khadar Ayderus Ahmed, mais aussi le premier long métrage à représenter la Somalie aux Oscars. Et « La femme du fossoyeur » est également la première œuvre d’un réalisateur né en Somalie à remporter au Fespaco le prestigieux Étalon d’or du plus grand festival panafricain du cinéma. Ce mercredi 27 avril, cette histoire somalienne incroyablement touchante sort dans les salles en France.

Tous les jours, Guled guette la mort avec une gravité et une sincérité particulières. Il habite avec sa femme Nasra et son fils Mahad dans les quartiers pauvres de Djibouti, mais il est fossoyeur et doit se tenir prêt devant l’entrée de l’hôpital pour creuser la tombe des autres pour gagner sa vie. Un matin, cette question de vie et de mort rôde autour de sa propre famille…

« Raconter ma propre version des Somaliens »

Cette histoire nous vient tout droit de la Somalie, pays de 15 millions d’habitants en Afrique de l’Est, rarement montré aussi crédible au cinéma. Khadar Ayderus Ahmed, né en 1980 à Mogadiscio, avant de fuir avec sa famille à l’âge de 16 ans le pays et se réfugier en Finlande, nous raconte cette histoire tragique avec une beauté sidérante. « J’ai vu tant de films sur la Somalie réalisés par des cinéastes occidentaux, mais je ne pouvais pas vraiment m'identifier à ces films en tant que Somalien. La façon dont le peuple somalien était représenté était complètement différente. Je voulais simplement raconter ma propre version des Somaliens, avec humanité et dignité. »

Dans le film, Guled (Omar Abdi), le jeune père volontaire et courageux, doit faire face à une vie quotidienne déjà très éprouvante en tant que fossoyeur quand il apprend que sa femme Nasra (Yasmin Warsame) est gravement malade. L’opération nécessaire dépasse de loin les possibilités financières du travailleur aussi honnête que pauvre. La seule solution est de rentrer au village qu’il avait jadis quitté, parce que la communauté villageoise avait condamné son mode de vie en faveur de l’amour et de la liberté, et réclamer sa part du patrimoine.

Le jour des funérailles

Son épouse Nasra, une femme aussi belle que libre et révoltée, concentre dans le film toutes les tensions entre l’amour pur et les contraintes de la tradition, entre la ville et le village, entre la santé et la pauvreté, entre l’espoir et la croyance…

« L'histoire a été inspirée par un événement réel qui s'est produit dans ma famille il y a dix ans. Le bébé de mon frère est décédé et nous avons eu un rituel funéraire islamique. Le processus a été long et très épuisant. Le jour des funérailles, mon frère aîné m'a demandé si je me souvenais à quel point il était facile d'enterrer quelqu'un en Somalie. J'ai répondu : non. Il m'a dit qu'il y avait toujours une équipe de fossoyeurs devant les hôpitaux qui faisaient le travail en deux heures ! Juste comme ça. Ensuite, ce personnage de fossoyeur m’a littéralement hanté. Il m'a suivi partout jusqu'à ce que je décide de m'asseoir et d'écrire à son sujet. Pour lui donner une voix. »

Beauté, pudeur, finesse et silence

À travers La femme du fossoyeur, le cinéaste met la lumière captée par sa caméra au service d’une sagesse et d’une humanité transcendant la pauvreté. Les yeux et les gestes des corps et des cœurs font subtilement avancer les actions à l’écran vers le seul trésor véritable de l’être humain, l’amour. Beauté, pudeur, finesse et silence sont les maîtres mots de cet amour inconditionnel qui exclut tout misérabilisme et fait naître l’espoir et la force pour un combat au service de la vie.

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