Une femme de 22 ans tuée en pleine rue: ce que l'on sait du féminicide d'Hayange, en Moselle

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Illustration police BFMTV. - BFMTV
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Une jeune femme a été tuée de plusieurs coups de couteau lundi matin au beau milieu d'une rue située près de son domicile d'Hayange (Moselle). Son compagnon, qui était en fuite, a été arrêté puis placé en garde à vue ce lundi pour "meurtre sur conjoint", dans le courant de l'après-midi.

Les faits ont lieu dans la nuit de dimanche à lundi. Cette femme de 22 ans est attaquée en pleine rue: d'abord poursuivie par son agresseur, elle reçoit plusieurs coups de couteau et s'effondre au sol. Lorsque les pompiers arrivent sur place, elle est déjà en arrêt cardiaque. Les enquêteurs de la police judicaire, chargés de l'enquête, soupçonnent rapidement son compagnon, qui vient de prendre la fuite.

· Le suspect de 23 ans déjà condamné

Son compagnon est un homme de nationalité serbe (mais né au Kosovo) bénéficiant du statut de réfugié politique. L'homme de 23 ans est connu des services de police et avait été condamné en comparution immédiate à un an de prison ferme avec mandat de dépôt le 26 novembre 2020 pour une somme de délits routiers graves (conduite sans permis, en état d'ivresse, excès de vitesse...).

Le couple avait une petite fille de 4 ans.

· Aménagement de peine avec bracelet électronique

Après une première demande d'aménagement de peine refusée par la justice, un aménagement de sa peine (une DDSE, une détention à domicile sous surveillance électronique) lui avait finalement été accordé le 12 mai dernier, après qu'il a fait appel. Un aménagement qu'il avait réclamé pour "soutenir sa conjointe dans son quotidien".

Son bracelet électronique a été retrouvé coupé au domicile du couple ce lundi, et l'individu a été interpellé dans l'après-midi, vers 17 heures, dans un appartement situé à proximité de son domicile, chez un couple où il avait trouvé refuge. Il a été placé en garde à vue pour "homicide par conjoint", et le couple en garde à vue pour "recel de malfaiteur".

· Une plainte et une main courante déposées par la victime

Avant les faits, la jeune femme avait déposé au moins une plainte et une main courante pour des menaces proférées par son compagnon. L'une d'elle a été déposée "en début d'année 2021", a fait savoir ce lundi sur BFMTV le procureur de la République de Metz, Christian Mercuri.

Mais reste désormais à savoir ce qu'est devenue cette plainte et si celle-ci est remontée à la justice. Selon le procureur, la jeune femme avait bien été re-contactée par un policier mais la justice n’aurait pas eu connaissance de ces éléments puisqu’elle a décidé d'accorder au suspect un placement sous bracelet à domicile, auprès de sa compagne.

· Y a-t-il eu un dysfonctionnement?

La jeune femme "a été reçue par le commissariat local dans le cadre de cette plainte, et contactée par un intervant social. Et sous réserve de vérification, il semblerait qu'elle n'avait pas donné suite aux démarches qui avaient été entreprises par l'intervenant social de la police", rapporte le procureur sur notre antenne.

Selon le procureur, cette femme de 22 ans avait aussi "fourni une attestation disant qu'elle acceptait de recevoir son conjoint à la maison pour purger cette peine". L'aménagement de sa fin de peine lui aurait été accordé malgré son profil potentiellement violent et sans enquête préalable, d'après nos informations.

Selon le collectif Féminicides par compagnons ou ex, si l'enquête détermine que le compagnon de la victime est bien l'auteur du meurtre, il s'agira du 43e féminicide depuis le début de l'année 2021. Un rassemblement d'hommage à la victime est prévu mercredi dans la commune d'Hayange.

Article original publié sur BFMTV.com

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