Fed, relance et vaccins, tiercé gagnant confirmé pour les actions

par Marc Angrand
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LES BOURSES EUROPÉENNES MONTENT À MI-SÉANCE

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Wall Street est attendue dans le vert et les actions européennes montent à mi-séance jeudi, de nombreux indices boursiers évoluant tout près de leurs récents records grâce à l'espoir d'un accord sur la relance aux Etats-Unis et à l'engagement de la Réserve fédérale à maintenir longtemps encore ses soutiens aux marchés, deux facteurs venus s'ajouter au déploiement progressif de vaccins contre le coronavirus.

Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais suggèrent pour l'instant une hausse de 0,5% environ pour le Dow Jones, le Standard & Poor's 500 et le Nasdaq, qui a inscrit mercredi un nouveau record de clôture.

À Paris, le CAC 40 gagne 0,41% à 5.570,24 points à 11h35 GMT et s'achemine vers une quatrième séance positive d'affilée. A Francfort, le Dax avance de 0,78% alors qu'à Londres, le FTSE 100, de nouveau freiné par l'appréciation de la livre sterling, est pratiquement inchangé.

L'indice EuroStoxx 50 s'adjuge 0,61% et le FTSEurofirst 300 0,5%, tout comme le Stoxx 600, qui confirme son retour sur ses niveaux de fin février.

A Washington, des négociateurs républicains et démocrates chargés de trouver un compromis sur un plan de relance susceptible d'atteindre 900 milliards de dollars (736 milliards d'euros) semblaient mercredi soir se rapprocher d'un accord.

Un tel plan complèterait opportunément les annonces de la Réserve fédérale, qui a promis mercredi soir de prolonger ses soutiens à l'économie et aux marchés tant que l'emploi et l'inflation n'auront pas retrouvé des niveaux satisfaisants.

En Europe, la perspective du lancement à partir du 27 décembre des campagnes de vaccination dans plusieurs pays de l'Union dont l'Allemagne et la France d'une part, les déclarations optimistes sur l'après-Brexit d'autre part ajoutent au contexte général favorable à la prise de risque, illustré entre autres par la remontée de l'indice Insee du climat des affaires en France.

"La nette amélioration du climat des affaires en décembre apporte un soulagement. Elle témoigne de la réactivité du moral des entrepreneurs à l'allègement du confinement et suggère que l'économie se rapproche plus nettement qu'attendu de son niveau de fonctionnement normal", commente Hélène Baudchon, économiste senior de BNP Paribas.

Les investisseurs surveilleront les annonces de la Banque d'Angleterre à 12h00 GMT et les chiffres hebdomadaires des inscriptions au chômage aux Etats-Unis une heure et demie plus tard.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

VALEURS EN EUROPE

Les secteurs les plus favorisés par le mouvement haussier du jour sont cycliques, à l'instar des médias, dont l'indice Stoxx gagne 1,58%, des matières premières (+1,88%) ou de la distribution (+1,59%).

Les banques (+0,13%)restent cependant à la traîne, pénalisées par la baisse des rendements obligataires.

Parmi les hausses notables du jour, EDF gagne 2,13% après avoir revu à la hausse son objectif d'excédent brut d'exploitation (Ebitda) annuel et à Londres, WPP prend 4,32%, la meilleure performance du Stoxx 600, après avoir dit espérer retrouver en 2022 ses niveaux d'activité d'avant la crise sanitaire.

TAUX

Les rendements obligataires de référence varient peu: celui des Treasuries à dix ans, à 0,9246%, est tout proche du niveau qu'il affichait avant les décisions de la Fed et celui du Bund allemand de même échéance, à -0,577%, recule légèrement après la présentation du programme d'émission 2021 de Berlin, dont le montant global pourrait atteindre 471 milliards d'euros.

Le rendement du Bund conserve ainsi l'essentiel de la hausse enregistrée mercredi en réaction aux bons chiffres des indices PMI "flash".

CHANGES

L'appétit pour le risque perceptible sur la plupart des classes d'actifs et les annonces de la Fed défavorisent le dollar, qui recule de 0,61% face à un panier de devises de référence. L'euro en a profité pour amplifier son retour au-dessus de 1,22 dollar, au plus haut depuis avril 2018.

La livre sterling reste elle aussi bien orientée face au dollar (+0,81%), mais aussi face à la monnaie unique européenne (+0,50%) grâce aux espoirs de compromis entre Londres et Bruxelles sur leurs relations commerciales.

Le franc suisse a atteint un plus haut de six ans contre le billet vert après la confirmation par la Banque nationale suisse (BNS) de sa politique d'interventions ciblées sur le marché des changes malgré les accusations de manipulation de Washington.

A noter aussi, la poursuite de l'envolée du bitcoin, qui a dépassé pour la première fois 23.000 dollars (+5,70%).

PÉTROLE

Le marché pétrolier réduit ses gains après avoir atteint son plus haut niveau depuis neuf mois, l'annonce d'une diminution des stocks de brut aux Etats-Unis étant venue s'ajouter aux différents facteurs qui nourrissent l'appétit pour le risque.

Le Brent gagne 0,35% à 51,26 dollars le baril après avoir atteint 51,90 et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 0,4% à 48,01 dollars après un pic à 48,59.

(édité par Patrick Vignal)