La FCPE lance une campagne de sensibilisation conte l'inceste à destination des enfants

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La campagne de la FCPE contre l'inceste, dévoilée le 4 juin 2021. - FCPE
La campagne de la FCPE contre l'inceste, dévoilée le 4 juin 2021. - FCPE

En cette journée du 4 juin dédiée aux enfants victimes d’agressions, la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves) lance une campagne nationale de prévention contre l’inceste, sujet encore tabou et dont l’étendue serait largement sous-estimée.

"Nous ne sommes pas une association de victimes, mais en tant qu’association de parents d’élèves forte de 300.000 adhérents, nous estimons que nous avons un devoir d’éducation, car c’est toute la société qui doit dire: l’inceste, ce n’est pas normal", explique Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE, à Ouest-France.

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Des affiches diffusées dans les établissements scolaires

Des affiches de sensibilisation à destination des enfants ont réalisées par les dessinateurs Nishant Choksi et Pavo. Ce dernier a d'ailleurs dévoilé certaines d’entre elles ce vendredi sur Facebook. Sur l’un des dessins, deux adolescentes évoquent le mouvement #BalanceTonPorc, avant que l’une d'entre elles ne demande: "Et quand ton porc est aussi ton père…Il y a aussi un hashtag?".

La FCPE compte justement utiliser le mot-dièse #StopInceste pour donner de la visibilité à cette lutte. Elle incite par ailleurs les victimes à composer le 119 (service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger) ou de se rendre sur le site allo119.gouv.fr.

"Par cette campagne, très visuelle nous souhaitons nous adresser d’abord aux enfants pour leur dire: un papa, un tonton, un papy n’ont pas le droit de faire ça. Il faut le dénoncer", poursuit Rodrigo Arenas.

Une nouvelle loi promulguée en avril

Un mouvement de libération de la parole avait été impulsé début 2021 par le livre choc de Camille Kouchner, La Familia grande, dans lequel elle révélait l'inceste commis par le politologue Olivier Duhamel sur son frère jumeau.

Plusieurs personnalités publiques lui avaient alors emboîté le pas en se confiant à leur tour sur les viols ou agressions sexuelles incestueuses dont elles ont été victimes dans leur enfance, comme le député LaREM Bruno Questel, sur le plateau de BFMTV.

C'est dans ce contexte qu'a été promulguée le 21 avril dernier une loi visant à mieux protéger les enfants des crimes et délits sexuels de l’inceste, en créant de nouvelles infractions en la matière.

Aucun adulte ne peut désormais se prévaloir du consentement sexuel d'un mineur de moins de 18 ans. Une personne reconnue coupable de viol incestueux sur mineur encourt 20 ans de réclusion criminelle. La peine maximale est de 10 ans de prison et de 150.000 euros d'amende en cas d'agression sexuelle incestueuse sur mineur.

L’inceste, avant tout une affaire d’adultes?

Relayant la campagne de la FCPE sur Twitter, l’association Face à l’inceste juge toutefois que la prévention doit reposer avant tout sur la responsabilité des adultes - "parents, professionnels de la santé, de l'éducation, de la police et de la justice, des services sociaux..."

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Rodrigo Arenas estime, lui, que l’Éducation nationale a un rôle crucial à jouer dans la levée de ce tabou. "Au collège, au lycée, on parle d’éducation sexuelle, d’égalité homme-femme, mais la question de l’inceste n’est pas traitée en tant que telle". Dans Le Parisien, il proposer "que tous les enfants, en CP, en 6e et en 2nde fassent l’objet d’un entretien individuel auprès d’un professionnel pour détecter les élèves victimes d’inceste."

Article original publié sur BFMTV.com