On avait tout faux sur ce tigre à dents de sabre !

Lui, un redoutable carnivore, roi de la savane argentine voilà 5 millions d'années ? Que nenni ! contredit une étude anglo-américaine.

Thylacosmilus atrox vivait voilà 5 millions d'années dans ce qui est aujourd'hui l'Argentine. Un tigre à dents de sabre féroce comme la littérature et les films nous en ont abreuvé. De la taille d'un jaguar, Thylacosmilus appartenait au groupe des Sparassodonta, un groupe éteint de carnivores proches des marsupiaux. Ses deux longues canines avant plongeantes devaient en faire un redoutable chasseur. Du moins, c'est ce qu'on pensait jusqu'à ce que Christine Janis, de l'Université de Bristol (Royaume-Uni) et ses trois collègues se penchent un peu plus sur les restes de l'animal, soit les quelques ossements et exemplaires de crânes dont ils disposent. Ils viennent de publier leurs résultats dans le journal PeerJ du 25 juin où ils ont relevé plusieurs incohérences les ayant amené à bousculer totalement ce que l'on croyait savoir de Thylacosmilus.

D'impressionnantes canines

Au niveau dentaire tout d'abord. Ses impressionnantes canines, relèvent les chercheurs, ont des caractéristiques différentes de celles des tigres à dent de sabre nord-américains. Notamment, leurs formes triangulaires plus proches d'une griffe que d'une lame. Ensuite, ces animaux n'ont pas d'incisives, bien pratiques pourtant quand il s'agit de racler la viande sur les os des proies. Leurs molaires également sont singulières et ne ressemblent pas plus à celles “broyeuses d'os" des carnivores. Au contraire, passées au microscope électronique, ces dents présentent des micro-traces d'usures plus caractéristiques d'une diète constituée de chair molle que d'ossements.

Le fauve était plutôt charognard que redoutable prédateur

Autre bizarrerie : des études de biomécaniques ont révélé que la mâchoire de Thylacosmilus était bien moins puissante que celle par exemple, de Smilodon fatalis, l'un des tigres à dents de sabre d'Amérique du Nord les plus étudiés. En revanche, si la boîte crânienne et les canines de Thylacosmilus n'étaient pas t[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi