Il faut voir "Makala", ce road movie qui questionne l’existence

Rachel Khan
Il faut voir

Avec Makala, Emmanuel Gras signe un fabuleux documentaire, dont la narration s'impose comme une fiction bouleversante. Ce road movie singulier et épuré tombe comme un cadeau artistique en cette période de fin d'année où nous tirons souvent les bilans de nos vies.

En République Démocratique du Congo, Kabwita, jeune paysan espère offrir un avenir meilleur à sa femme Lydie et à sa famille. Il a comme seules ressources ses bras, la brousse environnante et une volonté tenace. Fort de ces objectifs, il part à vélo sur des routes dangereuses et épuisantes pour vendre le fruit de son travail, son charbon (Makala) qui parait peser une tonne. 50 km plus tard, il découvrira la valeur de son effort et le prix de ses rêves.

Emmanuel Gras choisit de nous raconter la vie de cet homme, en un seul parcours, sur une seule route, sur un seul chemin, vers un seul et unique objectif.

La simplicité et la pureté de l'image nous entraine irrésistiblement en terre du Congo dans l'épopée de Kabwita qui semble ultime. La beauté de la lumière ne cesse de révéler l'intériorité de ce personnage. Lui qui n'est rien dans ce monde, lui qui est tout à l'écran, parce que héros fait de chair, de sang mais surtout rempli d'une ténacité sans faille. Celle-là même qui nous manque éperdument, nous le savons.

Sur le son grave et tourmenté des cordes et autres violoncelles, nous parcourons cette route avec Kabwita et son chargement d'un autre temps sans jamais oublier que nous sommes au 21ème siècle.

Entre le fond et la forme, jaillit une cohérence précieuse qui donne une dimension profonde à notre co-errance avec le personnage sous couvert d'objectifs illusoires que l'on soit au Congo ou ailleurs.

Alors attention, il ne s'agit pas d'un film misérabiliste, mais l'inverse. Il rappelle ce qu'est la dignité, la valeur d'être un homme aujourd'hui, la place du corps qui saigne pour préserver les siens.

Cet homme que l'on voit sur son chemin avec sa solitude nous ressemble. Seul comme le commun des mortels sur...

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