Il faut aider les petits pêcheurs indonésiens, victimes du changement climatique

PHOTO CHAIDEER MAHYUDDIN/AFP

“L’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB) note que 1 057 événements météorologiques extrêmes se sont produits dans les eaux de l’archipel en 2022. En conséquence, de nombreux pêcheurs traditionnels ne peuvent plus prendre la mer”, rapporte Koran Tempo dans un article écrit par Paris Ridwanuddin directeur de campagne de Walhi, la plus grande organisation environnementale indonésienne.

Dans les pages du quotidien indonésien, l’auteur cite l’exemple d’un bateau de pêche dans la ville portuaire de Kupang, dans les petites îles de la Sonde orientales, qui a perdu trois tonnes de poissons après avoir été frappé par une vague géante. Dans la baie de Jakarta, les pêcheurs traditionnels n’ont pas d’autres choix que de braver les intempéries sur leur minuscule embarcation, mais ils rentrent souvent chez eux sans aucune prise.

Il cite par ailleurs les derniers chiffres disponibles, qui font état de “251 pêcheurs morts en mer en 2020”, soit trois fois plus qu’il y a dix ans. Le site des statistiques du ministère de la Mer et de la Pêche indonésien indique que 90 % des 2,36 millions de pêcheurs de l’archipel sont des petits travailleurs de la mer opérant sur des bateaux de moins de 12 tonneaux de jauge brute.

“Un marqueur de l’existence de notre pays”

Pour l’auteur, qui rappelle que les Indonésiens consomment chacun en moyenne 40 kilos de poissons par an, “ces petits pêcheurs sont des héros nationaux, pourvoyeurs de protéines”. Bien que la pêche ne représente que 2,77 % du PIB, le militant écologiste affirme que l’existence des pêcheurs traditionnels “est un marqueur de l’existence de notre pays. Leur disparition entraînerait l’effondrement de l’Indonésie en tant qu’État-archipel.”

Une ode populaire chante cette identité océanique : “Mes ancêtres étaient de farouches marins / Captifs amoureux du vaste océan…” Elle a été composée à la veille de l’indépendance par Saridjah Niung, une musicienne de Java-Ouest.

“Il est urgent que le gouvernement applique la loi de 2016, restée lettre morte, sur le régime de protection et d’assurance pour les pêcheurs confrontés aux nouveaux risques de leur métier dus aux effets de la crise climatique”, conclut l’auteur.

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