Faut-il taxer la malbouffe comme le tabac pour lutter contre l’épidémie d'obésité ?

C'est notamment à cette question que répondent deux économistes, Nathalie Mathieu-Bolh et Pierre Levasseur, lors d'une conférence organisée par l'Inrae et animée par Sciences et Avenir. À travers cet exemple et d'autres, ils ont montré l’importance des travaux en économie pour la compréhension de cette maladie en pleine expansion.

Soigner l'obésité par des médicaments, des interventions chirurgicales ou un changement de mode de vie peut offrir une réponse individuelle à court terme.

Cependant, ces solutions ne sont pas les remèdes les plus efficaces pour lutter de manière globale contre cette épidémie. Lors d'une conférence organisée par l’unité de recherche Sadapt (Inrae, AgroParisTech, université Paris Saclay) dans le cadre des "Déjeuners des curieux", Nathalie Mathieu-Bolh et Pierre Levasseur ont démontré que, à quelques exceptions près, l'épidémie d'obésité touchait la plupart des pays du monde.

Par conséquent, elle ne peut pas être appréhendée uniquement par le prisme individuel, qu'il soit génétique ou lié à un rapport personnel à l'alimentation. S’il est selon eux nécessaire de soigner les patients en situation d’obésité, il est ainsi urgent de s’attaquer à l'environnement obésogène dans lequel nous évoluons.

Une surreprésentation en rayon des produits riches en sucre et en matières grasses

Lors de cette conférence, ces scientifiques ont expliqué que notre environnement alimentaire se caractérise par une surreprésentation dans les supermarchés de produits riches en sucre et en matières grasses.



La conférence de Nathalie Mathieu-Bolh, professeure d'économie, et Pierre Levasseur, de l'Inrae , interviewés par Isabelle do O'Gomes de “Sciences et Avenir”. Ce dialogue a eu lieu dans le cadre "des déjeuners des curieux", un moment d’échanges entre citoyens, acteurs publics, scientifiques autour des enjeux et des recherches concernant l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.

Ces aliments très énergétiques contiennent ce qu'ils appellent des "calories vides", qui n'apportent pas de nutriments essentiels mais augmentent le nombre de calories que nous consommons chaque jour. Par exemple, le simple fait de boire une canette de Coca-Cola nous fait ingérer environ 140 calories. De plus, ces aliments sont bien moins chers que les aliments meilleurs pour la santé.

Les économistes ont d'ai[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

Aliments ultra-transformés : sous leur "matrice alimentaire", des calories de mauvaise qualité au bilan environnemental désastreux L'OMS recommande d'augmenter les taxes sur l'alcool et les boissons sucréesEn France, les enfants cibles d’un marketing agressif sur des produits alimentaires de qualité nutritionnelle très médiocreLa consommation mondiale de boissons sucrées chez les adultes a grimpé de 16% depuis 1990Fini les sodas light au Nutri-Score B… En 2024, les règles de calcul du Nutri-Score des boissons seront plus sévères !