"Il faut respecter le Parlement": Yaël Braun-Pivet s'inquiète des projets de 49.3 du NFP

"Aujourd'hui il faut respecter le Parlement", a insisté Yaël Braun-Pivet, l'ancienne présidente de l'Assemblée nationale. Après des propos tenus la veille par le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), la députée réélue des Yvelines s'inquiète ce mardi 9 juillet d'un futur gouvernement mené par Nouveau Front populaire qui s'imposerait "à coups de 49.3".

"Lorsque j'entends des dirigeants du NFP dire qu'ils vont gouverner à coups de 49.3 ou de décrets, je m'inquiète de la vision de la démocratie à géométrie variable selon qu'on est dans l'opposition ou que l'on se prétend être dans la majorité", a déclaré sur France Inter celle qui a tenu le perchoir pendant ces deux dernières années.

La veille, Olivier Faure, invité de France info, a expliqué que "ce qui s'est fait par 49.3 peut se défaire par 49.3". "Il s'agirait d'un parallélisme des formes", a-t-il ajouté.

Dans l'hypothèse où le remplaçant du Premier ministre Gabriel Attal serait issu de la gauche, le député de Seine-et-Marne ne ferme pas la porte à une utilisation raisonnée de l'article 49 alinéa 3 de la Constitution. Notamment pour abolir la réforme des retraites, adoptée grâce à cet article par Élisabeth Borne en mars 2023.

"Tartuffes"

La saillie de l'ex-présidente de l'Assemblée a passablement agacé François Ruffin. Sur (ex-Twitter), le député réélu de la Somme a sommé le parti de la majorité de "se faire tout petits".

"20 fois, le 49.3 sous Élisabeth Borne, en 18 mois. Une réforme des retraites sans vote à l'Assemblée. Record de sanctions contre les députés. Ils devraient se faire tout petits, faire preuve d'humilité mais continuent à donner des leçons. Tartuffes", a-t-il tancé.

"Le NFP n'a pas les moyens de gouverner"

"Si on veut que le Parlement soit renforcé, qu'il puisse s'exprimer, il faut trouver une majorité et le Premier ministre doit être issue de cette majorité", a insisté de son côté Yaël Braun-Pivet.

"Le NFP n'a pas les moyens de gouverner, son assise parlementaire est beaucoup trop faible", considère-t-elle.

Le bloc "représente 32% de l'Assemblée nationale. Il est très très loin de la majorité. On n'est pas comme par exemple sous Michel Rocard avec une majorité relative à quelques sièges", a-t-elle ajouté.

La députée de la 5e circonscription des Yvelines s'est dite très favorable à ce que le nouveau gouvernement demande un vote de confiance à l'Assemblée nationale. "Pour avoir cette légitimité parlementaire. Dans le contexte actuel, il faudrait qu'on travaille ensemble", a-t-elle expliqué.

Ce vote de confiance n'est pas obligatoire. Il s'agit d'une faculté prévue par la Constitution. Deux ans plus tôt, le gouvernement d'Élisabeth Borne, fraîchement nommé ne s'y était pas soumis. Provoquant la colère des oppositions.

Article original publié sur BFMTV.com