Faut-il oui ou non poursuivre la privatisation d'Engie ?

Dix ans après la fusion GDF-Suez ayant entraînée la privatisation de Gaz de France, l’Etat détient encore 23,64% du capital du groupe, rebaptisé Engie en 2015. Une participation valorisée environ 8 milliards d’euros au cours de bourse actuel. Le Premier ministre, Edouard Philippe, n’a cependant pas inscrit Engie dans la liste des cessions gravées dans le marbre de la loi Pacte, contrairement à celles d’Aéroports de Paris (ADP) ou de la Française des jeux. Cela étant, le gouvernement envisagerait toujours de ramener sa participation à 15%, donc au même niveau que dans Renault ou Air France.

L’Etat pourrait donc continuer à se désengager mais rien ne permet de préciser une date, en raison du caractère sensible du dossier. En effet, les gazoducs d’Engie sont considérés comme hautement stratégiques pour l’approvisionnement énergétique de la France, dont il est aussi le premier producteur de gaz. Dans ce contexte, faut-il céder les dernières parts de l’Etat dans Engie ? Et est-ce au final une bonne affaire pour les finances françaises ? Pour y voir plus clair et répondre à ces questions, le Débat Capital a reçu Dominique Plihon, professeur émérite à l’Université Paris XIII et Jean-Marc Daniel, professeur émérite à l'ESCP Europe.

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A en croire Dominique Plihon, l’Etat ne devrait non seulement pas céder ses parts “mais il devrait même remonter au capital d’Engie !” En effet, l’économiste estime que le groupe, étant “un des principaux producteurs et acteurs de l’énergie en France, en particulier pour le gaz”, est “un puissant levier de la transition énergétique” que l’Etat vise et entend développer en mettant en place “un système d’énergie permettant d’être plus économe et de limiter nos émissions de CO2 en basculant vers d'autres formes d’énergie non fossiles”. “Il est donc important,, que “l’Etat ait un pouvoir fort dans le domaine énergétique puisqu’il y a là un vrai enjeux

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