"Il faut que personne ne l'oublie": un an après la mort de Cédric Chouviat, ses parents témoignent

Cyrielle Cabot
·3 min de lecture
Les parents de Cédric Chouviat - BFMTV
Les parents de Cédric Chouviat - BFMTV

"Il faut que ni la police, ni la justice, personne n'oublie Cédric." Il y a un an ce dimanche, Christophe Chouviat, un livreur de 42 ans, est plaqué au sol avec son casque de moto sur la tête lors d'un contrôle policier, provoquant son malaise. Il meurt deux jours plus tard. Ce dimanche, ses parents organisent une marche pour lui rendre hommage ainsi "qu'à toutes les familles de victimes" de violences policières.

"C'est important pour la mémoire de mon fils", poursuit la mère de Cédric Chouviat, Fatima. "Cela va faire un an, il faut qu'on marque le coup. Il faut que ni la police, ni la justice, personne ne l'oublie."

La suspension des policiers

Si trois des quatre policiers mis en cause dans l'affaire ont été mis en examen pour "homicide involontaire", tous peuvent en effet toujours exercer. Depuis un an, la famille, par le biais de leurs avocats Me William Bourdon, Vincent Brengarth et Arié Alimi, multiplie pourtant sans succès les courriers et interpellations publiques pour obtenir leur suspension. Ce dimanche, elle compte réitérer sa demande. Sur le visuel annonçant la marche, le visage de Cédric Chouviat apparaît ainsi avec ces mots: "Quatre policiers m'ont tué. Moi, mort le 3 janvier. Eux, toujours policiers".

"On n'est pas là pour faire une révolution dans la rue. On n'en veut pas à la police, on en veut aux meurtriers, on n'en veut aux fracasseurs...", explique sur notre antenne Christian Chouviat, le père de Cédric. "On en veut à ce 1% qui traîne dans la police et qui fout le bordel. C'est ceux-là qu'il faut juger, qu'il faut dénoncer et qu'il faut arrêter."

"Cédric ne méritait pas ça. Il bossait pour nourrir ses cinq gosses!", poursuit-il. "Il n'a rien fait!", abonde Fatima. "Pour un contrôle inopiné, il s'est fait arrêter, il s'est retrouvé au sol et il en est mort."

Contre la loi sécurité globale

Cette manifestation visera aussi à s'élever contre la proposition de loi Sécurité globale et notamment son article 24, qui vise à "encadrer" les images des forces de l'ordre et qui a été vivement contestée ces derniers mois lors de manifestations, notamment par les journalistes et les défenseurs des libertés publiques.

"Pour rendre justice à Cédric, on a cette chance qu'il y a énormément de vidéos. Mon fils a tout filmé", explique Fatima Chouviat. "Si la loi sécurité globale passe, on n'a plus rien pour nous défendre. Il ne faut surtout pas qu'elle passe!"

Comme dans le dossier Michel Zecler, un producteur de musique violemment frappé en novembre à Paris par des policiers, ce sont des vidéos, tournées notamment par la policière et par Cédric Chouviat, qui ont apporté des éléments déterminants au dossier d'instruction. C'est ainsi que l'IGPN a pu établir que Cédric Chouviat avait déclaré à plusieurs reprises "j'étouffe" avant son malaise. Elle a aussi établi que les gestes de secours n'ont été pratiqués, comme l'ont relevé les juges, qu'"à l'issue d'une période de flottement relativement longue", malgré "l'état de détresse (...) tout à fait évident" de la victime.

Article original publié sur BFMTV.com