Faut-il un "#MeToo de l'enfance" ? La macronie partagée sur la question

Un père avec son enfant à la cellule d'accueil spécialisé de l'enfance en danger à Rennes (photo d'illustration) - Sebastien Salom-Gomis/AFP
Un père avec son enfant à la cellule d'accueil spécialisé de l'enfance en danger à Rennes (photo d'illustration) - Sebastien Salom-Gomis/AFP

Yaël Braun-Pivet veut faciliter la parole des enfants, appelant à "un Metoo de l'enfance", à quelques heures d'annonces de l'exécutif. La secrétaire d'État en charge du sujet refuse de "faire peser sur les enfants notre responsabilité d'adulte".

Un sujet qui ne fait pas consensus sur les bancs de la majorité présidentielle. La présidente de l'Assemblée nationale a beau avoir réclamé ce dimanche "un #MeToo" des plus jeunes, Charlotte Caubel, la secrétaire d'État à l'enfance est réticente.

"Je suis un peu dubitative avec l'idée du '#MeToo' qui est un placage de ce qui s'est passé pour les femmes", a avancé l'ancienne magistrate sur BFMTV ce lundi.

"Un bébé secoué ne peut pas parler"

"Un bébé secoué ne peut pas parler. Un enfant de 4 ans victime d'inceste ne sait pas qu'il est victime de maltraitance", ajoute encore l'ex-patronne de la protection judiciaire de la jeunesse.

Yaël Braun-Pivet, la patronne du Palais-Bourbon, a appellé de son côté dimanche dans les colonnes du JDD à un "#MeToo de l’enfance".

"Les chiffres des violences dont les enfants sont victimes sont effrayants. (...) Ils ne savent pas forcément que les faits dont ils sont victimes ne constituent pas la norme et sont interdits par la loi. Il y a des progrès à faire dans les établissements scolaires", avance encore la présidente de l'Assemblée nationale.

Depuis son arrivée au Perchoir en juin dernier, elle a lancé la délégation des droits de l'enfant, expliquant auprès de l'hedbomadaire que "les lois ne suffisent pas pour régler les problèmes".

"Il faut que les adultes parlent"

Réponse de Charlotte Caubel, la secrétaire d'État à l'enfance sur notre antenne:

"Il ne faut pas faire peser sur les enfants notre responsabilité. Il faut écouter la parole des enfants mais il faut que les adultes parlent."

Après plusieurs faits divers, mettant en cause les services de l'Aide sociale à l'enfance, le gouvernement veut avancer sur la protection de l'enfance en faisant ce lundi en fin de journée plusieurs annonces par la voix d'Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement.

Élisabeth Borne reçoit également à Matignon une vingtaine de jeunes placés, âgés de 8 à 12 ans pour un Conseil des ministres des enfants. En 2021, le gouvernement avait déjà présenté une loi pour améliorer les conditions de vie des enfants placés.

Article original publié sur BFMTV.com

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