Faut-il en finir avec la méritocratie et sa "tyrannie" ?

·1 min de lecture

"Normalement, le mérite est une bonne chose." De la théorie à la pratique, il y a pourtant un écart, ce que souligne Michael Sandel. Pour le professeur de philosophie politique à l'Université de Harvard, les modèles de démocratie basés sur la méritocratie ont en fait creusé les inégalités. Alors qu'il vient de publier La tyrannie du mérite aux éditions Albin Michel, le spécialiste affirme sur Europe 1 lundi que la manière dont nous avons "été gouvernés dans la mondialisation depuis quatre décennies" a conduit à approfondir la division entre "gagnants" et "perdants", en faisant croire à ceux qui sont arrivés "en haut" que leur réussite leur revient à eux seuls et que les autres "méritent leur sort".

Déviance de la méritocratie

Pour Michael Sandel, la méritocratie n'est donc pas le problème en tant que telle, mais son "côté obscur" : elle mène "à un hubris parmi les vainqueurs, et à une démoralisation, voire une humiliation de ceux qui sont laissés au bord de la route". Il faudrait donc abandonner "la croyance et la conviction de ceux qui réussissent qu'ils méritent leurs succès" grâce à leurs seuls efforts, et plutôt se rappeler que "la chance" entre en compte, tout comme "la dette que nous avons vis-à-vis de ceux qui rendent notre réussite possible".

>> Retrouvez toutes les interviews d’Europe soir en replay et en podcast ici

Cette croyance en notre mérite propre a conduit, dit Michael Sandel, à "la corrosion de notre sens des responsabilités pour chacun, au sein d'une ...


Lire la suite sur Europe1

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles