Faut-il déménager le zoo de Pékin ?

Le zoo de Pékin, qui est le troisième au monde par sa superficie et qui accueille chaque année plus de 7 millions de visiteurs, est présent dans toutes les conversations. Cet intérêt a été déclenché par la tenue d’une réunion d’étude organisée par la Commission pour le développement et la réforme de la municipalité de Pékin. Cette réunion portait sur la “faisabilité du transfert du zoo de Pékin” et rassemblait, outre les services concernés de la municipalité, des experts et des représentants des districts de Daxing [à 20 kilomètres au sud du centre-ville] et de Yanqing [à 80 kilomètres au nord-ouest du centre-ville]. Le directeur adjoint du parc zoologique, Wang Baoqiang, s’est étonné qu’une petite réunion ait eu de telles répercussions. Liu Nonglin, ingénieur en chef à l’Association des parcs zoologiques de Chine, se montre, quant à lui, sceptique devant la tendance à déplacer les zoos, qui touche toutes les grandes villes chinoises. “Si le transfert d’un zoo se fait en considération de l’intérêt des animaux et prend en compte les opinions exprimées par les citoyens, c’est bien, naturellement ! Mais, en l’état actuel des choses, souligne-t-il, trop de considérations économiques ou autres viennent s’immiscer dans le débat.” Auteur d’une proposition de déménagement, Guo Baodong, député de la municipalité de Pékin et directeur du bureau du comité de district de Daxing, souligne que les épidémies de pneumonie atypique et de grippe aviaire, qui ont touché ces deux dernières années Pékin et l’ensemble du pays, ont conduit à repenser les relations entre les hommes et les animaux. La situation du zoo de Pékin constituerait une menace pour la santé publique. Le zoo se trouve en effet implanté à Xizhimen, un quartier central où la forte densité humaine et animale génère une pollution des eaux et des problèmes d’évacuation des eaux usées, susceptibles d’entraîner des contaminations croisées entre humains et animaux. Déplacer le jardin zoologique en dehors des quartiers les plus denses de la ville supprimerait ce risque. Mais, pour Liu Nonglin, ce n’est là qu’un “mauvais prétexte” car l’an dernier, lors de l’épidémie de SRAS, la Chine n’a enregistré aucun cas de contamination parmi les quelque 60 000 employés de la centaine de jardins zoologiques que compte le pays. De plus, depuis près de deux cents ans que les zoos existent [le premier étant celui de Londres, fondé en 1828 ; celui de Pékin date de 1908], ils n’ont jamais été à l’origine de problèmes de santé publique. Si l’on suivait la logique des dirigeants du district de Daxing, ne faudrait-il pas transférer tous les hôpitaux de Pékin hors des murs de la ville ? Outre les considérations sanitaires, le clan des partisans du déménagement invoque trois autres types d’arguments. Tout d’abord, le zoo se situe dans un quartier très peuplé et son agencement actuel remonte à une cinquantaine d’années ; la disposition des lieux manque de cohérence et serait difficile à amender. Ensuite, du fait de la superficie très limitée du zoo, l’augmentation du nombre d’animaux s’est faite aux dépens de leur bien-être, et le manque d’espace raccourcit encore une espérance de vie bien plus courte que dans les conditions naturelles. Enfin, le flot des visiteurs du zoo constitue une lourde charge pour les transports en commun, car la section extérieure du boulevard de Xizhimen est un noeud routier très important, connu pour ses embouteillages. Le transfert du zoo permettrait un réaménagement du secteur, avec la création de nouvelles voies nord-sud qui amélioreraient considérablement l’environnement local et fluidifieraient la circulation.

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