Faut-il abattre tous les moutons britanniques ?

Le gouvernement vient de l’annoncer [le 31 octobre] : s’il s’avère que la maladie de la “vache folle” (ESB) est très répandue dans le cheptel ovin du pays, la consommation de viande d’agneau pourrait être interdite et l’on imposerait l’abattage de milliers, voire de millions de moutons. Cette mesure fait partie d’un plan d’urgence du ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation. Une alternative serait que seuls les moutons de races génétiquement immunisées contre l’ESB et les maladies qui y sont liées soient autorisés à la vente. Reste qu’il faudrait encore abattre des milliers d’animaux.
Ces hypothèses sont la conséquence d’une recommandation émise par une commission de la Food Standards Agency (FSA), qui demande que l’on vérifie rapidement si l’ESB a été transmise au mouton par le biais de farines alimentaires contaminées. A la fin du mois dernier, un rapport rendu par l’équipe de la FSA, dirigée par sir John Krebs, président de l’agence, se faisait l’écho de la commission scientifique consultative, laquelle estime que l’ESB pourrait être masquée chez le mouton par la tremblante, affection semblable à l’encéphalopathie spongiforme mais qui n’est apparemment pas transmissible à l’homme.
Selon sir John Krebs, “sur les 40 millions d’ovins que compte le Royaume-Uni, environ 4 000 succombent chaque année à une autre maladie, la tremblante, qui ne présente apparemment aucun risque pour l’être humain. Il est envisageable que certains de ces animaux souffrent en fait d’ESB. Nous n’en savons tout simplement rien.” On ne signale chaque année que quelques centaines de cas de tremblante, mais les recherches ont démontré que beaucoup d’autres animaux meurent pendant la période d’incubation.
Jusqu’à présent, la maladie n’a pas été identifiée chez des moutons d’élevage, mais seuls 200 animaux ont été testés. Le test actuellement en vigueur pour l’ESB prend près de deux ans et coûte l’équivalent de 200 000 FF l’unité. La FSA a d’ailleurs souhaité le développement d’un test plus rapide et plus fiable. La question est essentielle parce que, contrairement aux bovins, chez les ovins, l’ESB ne touche pas que des organes et des tissus spécifiques comme le cerveau et la moelle épinière. Il faudrait par conséquent détruire les moutons affectés et veiller à ce qu’aucun élément de leurs carcasses ne puisse entrer dans la chaîne alimentaire de l’homme. Actuellement, seuls les tissus potentiellement les plus dangereux, le cerveau, la moelle et divers organes, sont retirés et ne sont pas utilisés.
Selon un porte-parole de l’Union nationale des agriculteurs britanniques, les éleveurs risquent d’être confrontés à la perspective “terrifiante” de devoir abattre des troupeaux entiers si l’ESB est découverte chez le mouton. D’après de nombreux scientifiques et le récent rapport Phillips, l’ESB proviendrait à l’origine des bovins et non de la tremblante du mouton [voir page 57]. Mais elle a pu se transmettre aux ovins par des farines animales infectées.

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