Dans « Le faussaire de Salt Lake City », Simon Worral retrace l’histoire de Mark Hofmann, mormon meurtrier

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Mark Hofmann doit sa chute à la grande poétesse Emily Dickinson. Bien malgré elle, la pauvre, elle qui fuyait tout contact avec ses compatriotes et se complaisait dans une solitude hébétée. Elle est déjà morte lorsque son oeuvre croise le coup de crayon de Hofmann. Un passionné de la dame, Daniel Lombardo, conservateur des collection spéciales de la bibliothèque Jones d'Amherts, près de West Hampton dans le Massachussets. Il a aussi monté l'Emily Dickinson International Society. Lorsqu'il voit passer dans le catalogue Sotheby's un manuscrit inédit de la poétesse, il frémit autant de satisfaction que de douleur. Il n'a pas d'argent. Pas grave, il a plein d'idées. Il organise une collecte, suffisamment pour décrocher la vente. Le début des ennuis.

L'auteur a planté le décor et le noeud de l'affaire. Passons au coupable. Mark Hofmann est né en 1954 dans une famille très mormonne. Son premier mensonge et contre-façon pourrait-on presque dire, il l'exerce auprès de sa famille à qui il fait croire que sa foi est intacte. En réalité, il a en quelque sorte perdu sa virginité à l'adolescence, lorsqu'il découvre que le fondateur de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (SDJ), Joseph Smith, n'est qu'un vulgaire charlatan, que lui-même n'aura d'ailleurs aucun mal à dépasser. On pourrait en sourire, se dire qu'il est bien futé ce jeune garçon, mais il y a un petit problème. Hofmann hérite d'un ressentiment tel face à tous ces mensonges qu'ils le conduiront à commettre l...


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