Adolfo Kaminsky, faussaire humaniste et photographe des petites gens

Vertaldi, Aurélia
Photographe humaniste qui a immortalisé les petites gens du Paris d’après-guerre, Adolfo Kaminsky, condamné à la clandestinité pour son activité de faussaire, est exposé au Mahj, jusqu’au 8 décembre. / Adolfo Kaminsky

Le travail artistique de ce résistant, qui a fourni des milliers de faux papiers aux juifs persécutés pendant la Seconde guerre mondiale, est mis en lumière au Musée d’art et d’histoire du judaïsme. Sa fille, Sarah, décrypte pour Le Figaro trois clichés emblématiques de son œuvre.

Rues désertes du Paris nocturne, portraits d’artisans, de rempailleurs, de brocanteurs, d’enfants rieurs qui ont élu la rue comme terrain de jeux, photos industrielles... Méconnue, l’œuvre photographique d’Adolfo Kaminsky n’a rien à envier aux plus grands photographes humanistes du XXe siècle. Faussaire depuis la Seconde Guerre mondiale, fournisseur de faux papiers pour des milliers d’opprimés risquant la mort jusqu’en 1971, le photographe peut se targuer d’un joli retour à la lumière. Le Musée d’art et d’histoire du judaïsme expose, jusqu’au 8 décembre, 70 clichés de celui qui s’est attelé à magnifier les personnes de l’ombre. Ces petites gens d’un Paris perdu qui exhibaient leur savoir-faire à même la chaussée.

Trente ans de clandestinité

Adolfo Kaminsky a découvert la photographie pendant la Seconde Guerre mondiale. Entré dans la résistance dès ses 17 ans, celui que l’on nommait «le technicien» a développé des sources intarissables d’ingéniosité pour honorer les demandes ininterrompues de faux papiers: «J’avais besoin pour les faux papiers de copier, de calquer et de photographier». Dans cette course contre la montre, photographier les documents et les développer en gros plan lui permet alors d’aller plus vite. L’autodidacte poussera son apprentissage bien au-delà des besoins de son activité. Adolfo Kaminsky qui, enfant déjà, rêvait de devenir artiste entrevoit la possibilité qu’offre l’objectif à magnifier le quotidien. «Ces photographies je ne pouvais pas prendre le risque de les montrer, pour ma sécurité et celle des gens que j’essayais de sauver, il me fallait faire preuve d’une discrétion absolue», confie dans son appartement parisien l’homme alerte de 94 ans.

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