Qu'est-ce qu'une fatwa, dont le professeur Samuel Paty aurait été la cible ?

Maxime Poul
·2 min de lecture
De très personnes se sont rassemblées place de la République à Paris pour rendre hommage à Samuel Paty, le professeur d'histoire décapité dans les Yvelines.
De très personnes se sont rassemblées place de la République à Paris pour rendre hommage à Samuel Paty, le professeur d'histoire décapité dans les Yvelines.

Suite au décès de Samuel Paty, le professeur d’Histoire décapité par un islamiste dans les Yvelines, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a déclaré que deux hommes avaient lancé une “fatwa” contre lui. Que signifie ce terme ?

Ce lundi 19 octobre, Gérald Darmanin a affirmé sur Europe 1 que le père d’une collégienne et le militant islamiste radical Abdelhakim Sefrioui avaient manifestement “lancé une fatwa” à l’encontre de Samuel Paty, le professeur d’Histoire assassiné vendredi dernier à Conflans Sainte-Honorine (Yvelines).

Le terme fatwa a été détourné au fil des ans. Selon le Larousse, il s’agit, dans la religion islamique, d’une “consultation juridique donnée par une autorité religieuse à propos d’un cas douteux ou d’une question nouvelle.” Cela signifie que seules les personnes spécialistes de la loi islamique peuvent l’émettre et qu’il s’agit d’un avis sur la question religieuse. Cela n’avait donc rien à voir, à l’origine, avec une condamnation à mort.

Un appel à l’exécution en 1989

C’est peu avant les années 1990 que le terme “fatwa” a pris une autre tournure et est devenu le symbole de l’extrémisme islamiste. En 1989, l’ancien guide la révolution d’Iran Khomeini lance une fatwa à l’encontre de l’écrivain Salman Rushdie pour blasphème. “Au nom de dieu tout-puissant. Je veux informer tous les musulmans que l’auteur du livre intitulé Les Versets sataniques, aussi bien que ceux qui l’ont publié, ont été condamnés à mort. J’appelle tous les musulmans zélés à les exécuter rapidement, où qu’ils les trouvent”. Toujours vivant, l’auteur des Versets sataniques reste aujourd’hui menacé et est donc sous protection policière.

Comme le rappelle CNews, en 2005, une fatwa avait également été lancée à l’encontre du quotidien danois Jyllands-Poste, qui avait publié des caricatures de Mahomet. “La mort est la seule sentence pour les auteurs des caricatures qui ont dessiné des caricatures sacrilèges du prophète”, avait déclaré ce tribunal islamique du nord de l’Inde. Même “condamnation” pour Charb pour des faits similaires en 2013, deux ans avant son assassinat des les locaux de Charlie Hebdo.

Autant d’exemple de fatwas lancées qui font désormais de ce terme une condamnation à mort quand il est utilisé par certains extrémistes islamistes. C’est pourquoi le ministre de l’Intérieur a affirmé que deux hommes avaient “lancé une fatwa” en diffusant plusieurs messages sur les réseaux sociaux dénonçant le comportement du professeur assassiné quelques jours plus tard.

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