Comment "Fast & Furious" est devenu un phénomène planétaire grâce à son 5e volet

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Vin Diesel et Dwayne Johnson dans
Vin Diesel et Dwayne Johnson dans

C'est l'un des événements cinématographique de cette semaine: le neuvième volet de la franchise Fast & Furious sort ce mercredi 14 juillet. Attendu depuis un an, ce blockbuster estival, qui a battu des records de fréquentation aux Etats-Unis, est surtout l'aboutissement d'une saga qui a su complètement se renouveler à partir de 2011 avec Fast Five (Fast & Furious 5).

Réalisée par Justin Lin, cette superproduction confronte Dominic Toretto (Vin Diesel) à Luke Hobbs, impitoyable agent fédéral incarné par un Dwayne Johnson tout en autodérision. Située à Rio, l'intrigue délaisse l'univers des courses urbaines illégales pour un récit d'espionnage high-tech qui culmine avec une scène de braquage à la Ocean's Eleven. Le public a plébiscité le film, qui avec une recette de 626,1 millions de dollars a pu relancer une saga en perte de vitesse.

"Ça a effectivement été le tournant de la série: on était concentré sur une street culture underground et subitement on devenait un film mainstream de dimension internationale", analyse ce mois-ci le producteur Neal H. Moritz dans les colonnes de la revue Première. Pour lui, Fast Five marque un nouveau départ pour la franchise: "La dixième film sera d'ailleurs la conclusion naturelle de cette crime story qu'on raconte depuis le cinquième volet. Après ça, il sera temps de changer d'arc."

"Une suite de scènes cultes"

Plus grand fan français de Fast & Furious, Camille Laurence se souvient du choc ressenti lors de la première séance de Fast Five: "C’était une claque dans la gueule de 2h10. Je m’attendais à voir un film assez noir, assez musclé, avec aussi peu d’humour que le 4. Fast Five, c'est une suite de scènes cultes toutes plus spectaculaires les unes que les autres. C'était très différent des films précédents, car ils mettaient enfin des scènes d’action au lieu des poursuites de voitures. Quand il y a eu la séquence de poursuite dans les favellas, je n'en croyais pas mes yeux."

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Fast Five apporte à la saga une dimension mélodramatique, clairement inspirée des télénovelas. Luke Hobbs, grand méchant de Fast Five, rejoint le camp des gentils dans le volet suivant. Letty (Michelle Rodriguez), épouse de Dom tuée dans Fast & Furious 4, ressuscite dans le sixième volet - tandis que Han (Sung Kang), mort à deux reprises, est de retour dans Fast and Furious 9. Ce neuvième film voit enfin apparaître Jakob (John Cena), frère caché de Dom.

C'est à partir de Fast Five que les valeurs familiales, présentent dès le premier film, sont également martelées au point de devenir le gimmick de la saga. Tous ces ingrédients ont été sciemment implantés dans la saga par Justin Lin, réalisateur des troisième, quatrième, cinquième, sixième et neuvième épisodes:

"[Fast Five] nous a permis de réunir tous les personnages principaux de la franchise", expliquait-il en 2011 à L'Express. "C'était la condition pour que je reprenne du service: mettre l'accent sur les liens entre cette bande, renforcer l'attachement du public aux personnages. Dominic et Brian [Paul Walker] ont dix ans de plus, j'avais envie d'un film qui évoque leur maturité et le sentiment de former une famille."

"Fast Five, c’est aussi le film où ils ont iconisé à 100% le personnage de Dom Toretto", note Camille Laurence. "Sa première apparition est quasiment christique. Mia et Brian sont coincés dans le train. Tout d’un coup, il y a cette porte qui s’ouvre et Dom apparaît dans un rayon de lumière. C’est le sauveur. À partir de ce moment-là, il apparaît invincible. Dom, c’est le super-héros sans le super-pouvoir. C’est un des rôles les plus charismatiques de la pop culture." Un personnage plus complexe qu'il n'y paraît, tantôt dans le camps du bien, tantôt dans le camps du mal.

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Influence Mission Impossible

La réussite de Fast Five repose aussi sur son réalisateur, Justin Lin. C'est lui qui préconise le tournage sans trucage numérique des scènes de poursuite en voiture, comme il l'expliquait en 2011 à L'Express: "La scène du train a été réalisée à 90 % en prises de vues réelles, avec un vrai train roulant à 70 km/h. Pour celle du coffre, les cascadeurs ont accompli du jamais vu. Filmer un superhéros en action, c'est facile! Mais des scènes de poursuite en voiture sans trucage numérique, c'est l'une des choses les plus difficiles à tourner. La trajectoire d'une voiture en plein vol est souvent imprévisible, c'est un vrai casse-tête."

Avec Fast Five, Justin Lin apporte une vraie cohérence visuelle et narrative à la franchise. "Ce n’est pas un faiseur. Il est vraiment investi dans la création de ses films. Il tente de plus en plus de choses", loue Camille Laurence. Son absence derrière la caméra se remarque. Fan du travail de James Wan sur le septième film, Camille Laurence regrette la réalisation de F. Gary Gray sur le huitième: "Il y a clairement un manque sur le 8. Les couleurs sont ternes. Ils boivent du coca au lieu de la Corona. Au lieu de faire une fête à Los Angeles, ils font la fête à la fin sur un rooftop à New York. Ça n’a rien à voir avec la franchise. Ce n’est pas ça, Fast and Furious. Le 8, je le mets à part."

Fast Five marque aussi l'arrivée dans la saga d’une certaine absurdité, qui va devenir sa marque de fabrique. La saga repousse ses limites à chaque épisode et s'envole même dans l'espace dans le neuvième épisode. "C’est ce qui fait le succès de cette franchise. C’est super créatif", s'enthousiasme Camille Laurence. "Fast Five n’a pas changé le cinéma comme Matrix, mais il a vraiment changé la manière dont Hollywood aborde les films d’action. Depuis Fast Five, ils ne se contentent plus d’avoir une seule scène finale, mais il y a de multiples climax, toutes les vingt minutes."

Cette surenchère dans l’action, qui vient aussi des films de James Cameron (T2, True Lies), a inspiré les blockbusters des années 2010. L’influence de Fast Five se retrouve ainsi dans les deux derniers volets de Mission Impossible, marqués eux aussi par une surenchère avec des cascades toujours plus spectaculaires de Tom Cruise. "Quand Tom Cruise saute sur un avion en train de décoller, c’est du Fast & Furious!"

Article original publié sur BFMTV.com

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