La Farn, le superpompier du nucléaire

Par Michel Revol
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Lors de l'entraînement du 20 janvier, à la centrale de Paluel, les agents de la Farn déploient un tuyau pour alimenter en eau le réacteur 4, et ainsi assurer son refroidissement.
Lors de l'entraînement du 20 janvier, à la centrale de Paluel, les agents de la Farn déploient un tuyau pour alimenter en eau le réacteur 4, et ainsi assurer son refroidissement.

La patronne du bistro posé sur l'aérodrome de Saint-Sylvain, pas très loin de Saint-Valery-en-Caux (Seine-Maritime), continue à servir des verres, imperturbable. Pourtant, dehors, c'est presque une ambiance de guerre. Balayé par les vents, un hélicoptère bedonnant tourne sans cesse, qui pose et enlève d'énormes colis ; à côté, une barge ficelée sur une remorque attend, prête à servir ; pas très loin, un camion équipé d'un bras articulé déplace des arbres arrachés et des pylônes pliés en deux ; un peu partout, des hommes casqués slaloment entre trois immenses tentes kaki, semblables aux modèles militaires. La Force d'action rapide du nucléaire (Farn) est à l'action. Ce 20 janvier, les hommes qui composent cette unité d'élite ont fort à faire : à cinq kilomètres de là, ils doivent coûte que coûte refroidir le réacteur 4 de la centrale de Paluel. Une panne électrique générale a coupé le système de refroidissement d'eau. Si la mission échoue, la catastrophe nucléaire guette.

La cellule de crise, d'où l'ensemble de l'opération est pilotée

On l'aura compris, tout cela n'est qu'un exercice. L'accident est fictif. Les hommes de la Farn s'entraînent, comme ils le font trois à quatre fois dans l'année. Ils doivent se tenir prêts à intervenir, dans n'importe quelle centrale nucléaire de France, en douze heures. Ces hommes savent tout faire : dégager une route jonchée d'arbres ou de gravats, alimenter en eau, en électricité ou en air un réacteur ? c'est le c?ur de le [...] Lire la suite