Fariba Adelkhah condamnée à 5 ans de prison en Iran, malgré l'intervention de la France

AFP
L'universitaire franco-iranienne Fariba Adelkhah le 19 septembre 2012

JUSTICE - Son avocat et ses soutiens espéraient une relaxe, ils ont gravement déchanté. Détenue en Iran depuis près d’un an, accusée un temps d’espionnage, l’anthropologue franco-iranienne Fariba Adelkhah a été condamnée à cinq ans de prison pour “collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale”, a annoncé ce samedi 16 mai son avocat.

Son arrestation en juin 2019, comme celle d’un autre chercheur français, Roland Marchal, libéré récemment, avait été dénoncée par la France qui réclame sa libération. Mais l’Iran ne reconnaît pas la double nationalité.

Détenue dans la prison d’Evine à Téhéran, cette spécialiste du chiisme âgée de 61 ans a toujours clamé son innocence. Son comité de soutien à Paris a dénoncé samedi le “processus opaque” dans lequel s’est déroulée la procédure judiciaire, l’apparentant au “procès de Kafka”.

“Cette condamnation n’est fondée sur aucun élément sérieux ou fait établi et revêt donc un caractère politique”, a par ailleurs estimé dans un communiqué le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, qui “condamne avec la plus grande fermeté” cette décision.

“Les autorités françaises restent entièrement mobilisées pour obtenir des autorités iraniennes un accès consulaire à notre compatriote. Nous exhortons les autorités iraniennes à libérer immédiatement Mme Adelkhah”, ajoute le ministre.

Grève de la faim et maladie rénale

La chercheuse a été condamnée à cinq ans de prison pour “collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale” ainsi qu’à un an pour “propagande contre le système” politique de la République islamique, mais elle doit purger seulement la peine la plus longue, a indiqué Me Saïd Dehghan. Ces condamnations peuvent néanmoins faire l’objet d’un appel, selon lui.

Le procès de la chercheuse s’était ouvert le 3 mars devant la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran. À l’issue de la deuxième audience le 19 avril, son avocat avait dit espérer une relaxe.  

La chercheuse avait été très affaiblie par une grève de la faim de 49...

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