Le fait divers, un objet médiatique et historique

Gamma-Keystone via Getty Images - Keystone-France

Violences, meurtres, accidents, catastrophes... Les faits divers concernent seulement quelques personnes de manière directe, mais touchent bien souvent, via les médias, l’ensemble d’une population. Par l’émotion qu’ils suscitent, ils sont des révélateurs du fonctionnement d’une société à un temps T de l’histoire, d’un climat politique également.

Des soubresauts de la société française, la rubrique des faits divers - ou « chiens écrasés » - en est pleine. Des histoires célèbres, comme les crimes de Landru (1919-1922), l’affaire Violette Nozière ou Dominici (1952), celle du pull-over rouge (1974), l'assassinat de Gregory en 1984, de Laetitia Perrais en 2011 ou de la petite Lola en 2022.

Les crimes traversent les époques. Leur narration dans les journaux aide la presse à devenir populaire au XIXe siècle. Ce sont des évènements à la fois extraordinaires et banals. Ils se passent « juste à côté » et en cela passionnent les foules. En 1869, un jeune mécanicien, Jean-Baptiste Troppmann, assassine sept membres d'une même famille de Roubaix. Le tirage du Petit Journal, quotidien parisien de l'époque, s'envole. Le journal gagnera 100 000 exemplaires entre l'annonce du premier meurtre et la découverte du septième corps.

Le fait divers, un révélateur de son époque

Face à ces histoires sordides où se déploie le mal, une question lancinante « Comment cela a-t-il été possible ? » Pourquoi, dans les années 30, Violette Nozière passe-t-elle à l'acte et tue son père ? Qui a tué le petit Grégory et qu’est-ce que ce crime raconte des jalousies entre familles dans les Vosges en 1984 ? Qu’est-ce qui a fait basculer lentement la vie de Laetitia Perrais, 18 ans, enlevée, violée et démembrée par Tony Meilhon en 2011 ?


Lire la suite sur RFI