Ce qui fait débat : l’État est-il inefficace ?

Santé, sécurité, éducation nationale, protection sociale… L’État est toujours montré du doigt. Avec la crise du Covid-19, certains ont relevé ses défaillances. L’État est-il inefficace ? C’est ce qui fait débat. Pour y répondre, il faut d’abord savoir si l’on peut mesurer son efficacité. En chiffres, cela donne plus de 5 millions de fonctionnaires. Rapporté au nombre d’habitants, la France est dans la moyenne des pays européens. Mais l’État dépense plus de 1 300 milliards d’euros par an, ce qui fait de la France la championne d’Europe des dépenses publiques. D’où les appels à faire maigrir l’État. Mais l’État, c’est aussi l’armée qui protège notre pays, la police qui assure la sécurité ou l’hôpital qui sauve des vies. Pour ces secteurs, il est difficile de mesurer l’efficacité avec seulement des chiffres.Faut-il déléguer les compétences aux collectivités locales ? Alors, l’État rend-il les services attendus ? Dans la gestion de la crise du Covid-19, les ratés sont nombreux : manque de tests, pénurie de masques, désorganisation de l’État… Les collectivités locales doivent pallier les défaillances. Mais impossible de se passer de l’État, qui a décrété le confinement et l’a fait appliquer. Pour ses défenseurs, ce n’est pas l’État qui est en cause, mais ceux qui ont voulu le réformer, le faire maigrir, le simplifier. Les réformes se succèdent, avec des noms technocratiques : RGPP sous Nicolas Sarkozy, MAP sous François Hollande et CAP 2022 sous Emmanuel Macron. Transférer plus de compétences aux collectivités locales, telle est la tendance, mais jusqu’où décentraliser ? Décentraliser davantage, c’est pour certains le risque d’une désorganisation qui mettrait en péril l’existence même de la nation. Début juillet, Emmanuel Macron a promis de dévoiler un nouveau chemin pour la France, avec une nouvelle vague de décentralisations. Comme si rendre l’État plus efficace, c’était d’abord déléguer des compétences aux régions et aux départements.