"Il faisait le tour de son bureau et les agressait": un policier toulousain mis en cause pour viol et agression sexuelle

Un policier de 52 ans est mis en examen pour "viol" et agression sexuelle" sur six femmes venues porter plainte au commissariat de Toulouse. Les faits remontent à 2017.

Pour les victimes, il était inimaginable de repasser les portes du commissariat pour aller porter plainte. Un policier affecté au commissariat de Jolimont à Toulouse est mis en examen depuis plusieurs mois pour "viol" et "agression sexuelle". Six femmes ont dénoncé des faits qui se seraient produits dans les locaux de l'hôtel de police en 2017 et 2018.

Il a fallu des premières révélations et un gros travail de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour identifier ces six victimes potentielles, comme l'a révélé en début de semaine La Dépêche du Midi. En 2019, une première femme fond en larmes lors d'une audition par des policiers dans une autre affaire. Elle révèle aux agents avoir été violée deux ans auparavant par l'un de leur collègue.

Cette femme, en situation de fragilité économique, était venue déposer plainte. L'officier de police judiciaire est compréhensif, à l'écoute. Il finit par lui proposer de faire des ménages dans un appartement, qui se révélera être celui de sa belle-fille. Il l'emmène sur place et, selon le récit de cette femme, la viole.

Un même mode opératoire

Un signalement est immédiatement réalisé auprès de l'IGPN, qui enquête. Le policier, un brigadier-chef de 52 ans, est entendu. Il explique avoir emmené cette femme dans cet appartement pour plus de discrétion, et évoque alors une relation consentie. Il cite pour preuve de ce consentement des rapports avec deux autres femmes dans son bureau au commissariat.

Sauf que pour ces deux autres femmes, la réalité est tout autre. Elles affirment avoir elles aussi été violées. Les faits remontent à plusieurs mois. Se confiant à leurs proches, elles expliqueront n'avoir jamais eu l'idée de porter plainte contre ce policier, estimant que ce combat était perdu d'avance. L'acharnement de la juge d'instruction les a poussées à finalement parler.

"Le mode opératoire était toujours le même", affirme Me Emmanuel Franck, qui défend avec Me Alexandre Martin, l'une des plaignantes.

Trois autres femmes identifiées

Ces femmes étaient toujours en situation de fragilité, de vulnérabilité alors qu'elles venaient porter plainte ou qu'elles venaient de subir un traumatisme. Fondant en larmes pendant leur récit, "le policier se levait, faisait le tour de son bureau et les agressait", détaille l'avocate. L'homme commençait à les embrasser sur la joue, dans le cou, sur la bouche pour les agresser sexuellement avec des mains sur la poitrine, sur les fesses, avant de les violer.

"Notre cliente a expliqué son état de sidération, elle n'arrivait pas à réagir", insiste Me Franck.

À la suite de ces premières accusations, les enquêteurs de l'IGPN ont recensé toutes les femmes venues dans le bureau du policier. Toutes ces femmes sont ensuite contactées, trois autres vont alors révéler des attouchements et des agressions sexuelles. Des nouveaux faits pour lesquels l'homme a été mis en examen à l'automne dernier.

Ne travaillant plus au sein de la police nationale, l'homme, présenté comme un bon policier, n'ayant jamais fait parler de lui dans les rangs de l'institution, a été placé en détention provisoire rapidement après sa mise en examen en 2020 pour les trois premiers faits de viol. Il avait été libéré sous contrôle judiciaire au bout de quatre semaines. Cette remise en liberté jugée "prématurée" par les parties civiles a, selon elles, contribué au silence des victimes.

Contacté, l'avocat du policier n'a pas donné suite.

Article original publié sur BFMTV.com

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