Faire pousser des minicerveaux pour comprendre celui des humains

À la une du magazine scientifique New Scientist, une main taille un bonsaï. Mais il n’est pas question ici de jardinage. Le titre permet d’éclairer la métaphore du dessin : dans les laboratoires, “on fait pousser des cerveaux humains”.

À l’œil nu, ils ressemblent à des sortes de blobs amorphes, poursuit le titre britannique. Mais à travers un puissant microscope “apparaît toute leur complexité intérieure”. Le dossier du magazine est ainsi consacré à la culture d’“organoïdes cérébraux”, aussi appelés “minicerveaux”, dont une douzaine pousse dans le laboratoire de Madeline Lancaster à l’université de Cambridge.

La scientifique a été la première à installer ces cerveaux dans du gel pour leur ajouter une dimension, en 2013, plutôt qu’à plat, comme les autres chercheurs avaient l’habitude de les étudier depuis 2006. “En 2013, Madeline Lancaster a raconté comment, au bout de deux mois, des lobes de tissus ressemblant à ceux du cerveau avaient fini par pousser sur ses organoïdes.”

Ces minicerveaux “sont sources d’immenses espoirs pour une meilleure compréhension du cerveau”, poursuit le titre anglophone. Pour l’instant, ils ont déjà servi à comprendre “en quoi il est différent chez les autistes et comment il se met à dysfonctionner en cas de démence ou de maladies du motoneurone (cellule spécialisée dans la commande des mouvements via un système d’influx nerveux), par exemple”.

Similaire mais “pas tout à fait pareil”

Pour exploiter complètement le potentiel scientifique de ces organoïdes, les neuroscientifiques ont pour objectif d’en créer de plus gros et plus complexes – certains essayent déjà de les faire pousser avec des vaisseaux sanguins.

“Pour la mise au point d’organoïdes, la découverte des cellules souches, qui peuvent plus facilement se multiplier et être manipulées dans une coupelle que les cellules corporelles ordinaires, a joué un rôle capital.”

Ces minicerveaux produisent des signaux électriques connus sous le nom d’ondes cérébrales, “d’une complexité équivalente à celle d’un fœtus environ un mois avant la naissance”, développe New Scientist. Après neuf mois, ils évoluent vers une complexité ressemblant à celle d’un cerveau humain prénatal.

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