«Faire la parole», amours basques

Libération.fr

Dans ce docu tourné à Durango, en Espagne, Eugène Green filme six jeunes Basques et suit leur attachement pour le «batua», la langue locale.

La parole a-t-elle un territoire ? Lorsque trois Basques discutent, leur dialogue inclut-il les paysages qui se dessinent à l’arrière-plan ? S’il n’y avait plus la langue, y aurait-il encore les montagnes ? Qu’est-ce qui constitue une langue : le fait de l’avoir apprise dans le giron familial, de s’être vu interdire de la parler à l’école, de l’oublier ou de se l’être réappropriée plus tard pour recoller à son identité ? Ces questions, évidemment sans réponse mais dont la formulation constitue un début d’apprentissage, structurent le documentaire d’Eugène Green Faire la parole.

Minorité. Le metteur en scène, mais aussi auteur, mais aussi récitant… peut avant tout être décrit comme spécialiste du monde baroque. Non seulement par les mises en scène qu’il a réalisées dans les années 90, historiquement informées, mais aussi par les principes de déclamation qu’il a dégagés au fil des  ans. Ici, l’éternel pourfendeur de l’hégémonie américaine, auteur radical entre autres du bouleversant la Sapienza (2014), se déplace à Durango (Espagne), où il suit six «jeunes» parlant et vivant batua, la langue du cru.

Le Pays basque est une terre amie du metteur en scène, avec laquelle il partage le goût de la minorité, et pour laquelle il montre sa proximité en s’y faisant aussi filmer dans un bar ou en donnant à un participant des idées de textes anciens à mettre en musique.

La frontière entre basque et castillan existe. Celle de Green par rapport à l’axe de la caméra s’efface. Il est au Pays basque comme il est en zone baroque. Car son baroque ne s’arrête pas à l’arrivée des usages classiques au milieu du XVIIIe. Il englobe tous les territoires langagiers qui souffrent d’être étouffés et s’agitent dans une lutte non pas pour leur indépendance, mais pour leur survivance. Tous les pas d’Eugène Green dessinent la carte du baroque.

Chants. La jeune (...)

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