Faire des films en Palestine, un parcours du combattant

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En France depuis le 6 octobre, le dernier film des frères Nasser, « Gaza mon Amour » est en salles. Et les deux réalisateurs palestiniens, eux, ne cessent de rappeler qu’ils sont nés pile un an après la fermeture du dernier cinéma de Gaza, l’enclave côtière sous blocus. Manque de public, manque d’argent, manque d’industrie, pour les Palestiniens, à Gaza comme en Cisjordanie occupée, être réalisateur n’est pas aisé.

De notre correspondante à Ramallah,

Faire des films en Palestine est extrêmement compliqué, surtout si on parle de cinéma indépendant. Pourquoi ? Tout d’abord car il n’y a pas de marché local du cinéma : il est très réduit, voire inexistant. Au niveau du public, c’est un peu la même chose : les Palestiniens ne sont pas les plus friands de ce type de cinéma, ou tout simplement n’y ont jamais été habitués. Les films dominants dans les salles sont les grosses productions hollywoodiennes ou les films égyptiens très commerciaux.

Le manque cruel d’argent

Faire le cinéma qu’on veut, selon le sujet, ça aussi c’est compliqué : des sujets très politisés auront du mal à voir le jour ou n’auront pas l’exposition ni la diffusion qu’ils pourraient espérer dans la région. Mais le principal problème, si on ne doit en mentionner qu’un, c’est le manque d’argent. Il n’y a pas d’aide au financement pour les réalisateurs, pas d’aide à la création, pas d’aide au cinéma en général. Et puis, dénoncent de nombreux acteurs de la profession, les gouvernements palestiniens, en Cisjordanie occupée ou à Gaza, ne font pas de la culture leur priorité.

Et pourtant, il y a beaucoup d’histoires à raconter, des histoires singulières, politiques, sociales, fortes. Et il y a aussi des réalisateurs palestiniens talentueux, même si la plupart ne vivent pas de leur cinéma.

Pour faire des films, il faut de l'argent et du matériel or en Cisjordanie occupée comme à Gaza, par exemple, il n’y a pas louer du matériel qui vient d’Israël ou le faire venir d’ailleurs, et ça vaut cher. « Il faudrait au moins avoir la base sur place pour faire naître plus de projets », explique Hanna Atallah, le fondateur et directeur artistique de FilmLab, une structure à Ramallah qui aide les jeunes réalisateurs à faire éclore leurs projets de films. « Car il y a une audience extérieure pour ce cinéma palestinien, mais pas d’industrie locale », précise-t-il.

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À la recherche d’aides extérieures

Comment les jeunes réalisateurs s’en sortent alors ? Tout dépend des trajectoires individuelles, mais par exemple, grâce à des structures d’aide comme FilmLab, grâce à des rencontres dans des festivals, grâce à des co-productions, financées par des pays européens souvent ou grâce à des résidences culturelles dans d’autres pays, les jeunes réalisateurs peuvent trouver des producteurs, des partenaires, des diffuseurs, des gens qui croient en leur projets ; mais c’est un vrai parcours du combattant.

On peut aussi voir une première solution à la diffusion du côté des plateformes en ligne : le court-métrage The Present de la réalisatrice palestinienne Farah Nabulsi avait été diffusé sur Netflix quand il était nommé aux Oscars cette année. Et puis, à partir du 14 octobre, Netflix va aussi mettre en ligne une petite vingtaine de films et documentaires palestiniens.

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