Faire caca au travail? Les meilleures stratégies des Français

Les femmes ont plus de difficultés à faire leurs besoins au travail que les hommes. (Photo: seksan Mongkhonkhamsao via Getty Images)
Les femmes ont plus de difficultés à faire leurs besoins au travail que les hommes. (Photo: seksan Mongkhonkhamsao via Getty Images)

Les femmes ont plus de difficultés à faire leurs besoins au travail que les hommes. (Photo: seksan Mongkhonkhamsao via Getty Images)

BUREAU - Aller à un autre étage, “faire vite” ou se retenir: peut-être avez-vous déjà utilisé l’une de ces techniques, gêné, en voulant faire vos besoins au bureau. Vous êtes loin d’être le seul. Selon une étude de l’Ifop publiée ce jeudi 19 mai, “44% des salariés se retiennent d’aller à la selle sur leur lieu de travail”.

Réalisée pour la société de nettoyage de l’extrême Diogène France, cette étude de l’Ifop s’intéresse en effet au “poop-shaming”, cette honte de faire la grosse commission en dehors de chez-soi, ici lorsqu’on est au bureau. Pour ce faire, 1003 salariés, représentatifs de la population française salariée et âgés de 18 ans et plus, ont répondu à un questionnaire auto-administré en ligne du 18 au 21 avril 2022.

“53% des salariés ont déjà ressenti de la gêne en déféquant sur leur lieu de travail” dévoile ainsi l’étude, qui souligne que le phénomène touche d’abord les femmes.

Un phénomène genré

L’étude montre en effet que 60% des femmes sont gênées d’aller à la selle au bureau contre 44% des hommes. C’est notamment chez les femmes de moins de 40 ans que cette incommodité est la plus partagée.

De la même façon, “une salariée sur deux [est] incapable de déféquer au travail” quand c’est le cas pour seulement 30% des hommes interrogés. L’âge, cette fois-ci, semble néanmoins accentuer cette gêne chez les femmes. En effet, si 69% des femmes âgées de 40 à 49 ans se disent incapables d’aller à la selle au bureau, seules 28% des femmes de moins de 30 ans le sont.

Ce phénomène genré s’observe également dans la proportion de chacun à se retenir. 57% des salariés hommes font leurs besoins dès qu’ils ont envie d’y aller, contre 38% des salariées femmes, indique l’étude. A contrario, “36% des hommes mais 50% des femmes se retiennent d’aller à la selle sur leur lieu de travail”. Parmi ces femmes, 15% ne font jamais la grosse commission au bureau.

Stratégies et techniques de dissimulation

Pour contrer cet embarras, les salariés mettent en place diverses techniques de dissimulation comme l’usage d’un spray désodorisant pour 16% d’entre eux ou le fait de craquer une allumette (9%) pour camoufler l’odeur. Un peu moins de 10% des collègues qui vous entourent transportent d’ailleurs actuellement un spray désodorisant avec eux.

La plupart des techniques développées restent néanmoins genrées. En effet, lorsque 44% des femmes “font vite” leurs besoins pour que leur passage aux toilettes apparaisse comme une “pause pipi”, seuls 33% des hommes prennent cette précaution.

Autre chiffre éloquent: 46% des femmes ont déjà renoncé à déféquer en voyant un collègue entrer aux toilettes au même moment, contre 35% des hommes. Enfin, 48% des femmes et 40% des hommes se sont retenus de faire leurs besoins car un collègue était présent au même moment aux toilettes.

En plus de ces techniques, les salariés utilisent des alternatives à l’usage des toilettes au bureau: 53% ont déjà été aux toilettes à domicile à la dernière minute, 36% ont utilisé d’autres toilettes de leur entreprise, à un autre étage par exemple, et 21% des toilettes en dehors de leur lieu de travail. Ici, ce sont les hommes qui ont majoritairement recours à ces alternatives. À noter que 21% des salariés interrogés sont déjà rentrés à la pause déjeuner ou ont terminé plus tôt leur journée afin d’éviter de faire leurs besoins au bureau.

Des toilettes rebutantes

L’étude s’intéresse enfin à la qualité des toilettes en entreprises. Celle-ci pourrait en effet expliquer la gêne des salariés à faire leurs besoins au travail. Parmi les 1003 répondants, un tiers des salariés n’a ainsi pas accès à des toilettes séparées. C’est majoritairement le cas pour les ouvriers et les employés.

Surtout, les toilettes en entreprises apparaissent comme “largement rebutantes”, appuie l’étude. 55% des salariés interrogés trouvent en effet que les toilettes sur leur lieu de travail sont sales, 45% les jugent insuffisamment isolées du reste des locaux, 42% nauséabondes, 36% insuffisamment équipées en papier toilette et 17% pas assez sûres. Les plus nombreux à se plaindre étant les dirigeants d’entreprise: 85% d’entre eux estiment que les toilettes de leur entreprise sont “sales”.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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