Faire des câlins à vos enfants est bon pour leur santé et c’est la science qui le dit

Le 21 janvier, c’est la journée inernationale du câlin.
MoMo Productions / Getty Images Le 21 janvier, c’est la journée inernationale du câlin.

CONTACT - Les bienfaits d’un câlin – lorsqu’il est consenti – peuvent sembler évidents pour celui ou celle qui a déjà trouvé réconfort et chaleur dans les bras d’un tiers. Mais en cette journée internationale des câlins, Le HuffPost a voulu aller chercher du côté de la science des arguments qui montrent que faire à des câlins à ses enfants est non seulement agréable mais surtout bon pour eux.

De la petite enfance à l’adolescence – période délicate où les parents risquent fortement de se voir refuser certaines invitations à un câlin –, voici cinq raisons scientifiquement fondées d’enlacer votre progéniture.

1. Le câlin, outil d’apaisement

Dans une étude réalisée en 2020, des chercheurs de l’Université de Toho, à Tokyo, ont examiné ce qui se passait au niveau du rythme cardiaque des bébés lorsqu’ils étaient serrés dans les bras d’un inconnu : leur rythme ralentissait légèrement. Puis, dans ceux de leurs parents : leur rythme cardiaque diminuait encore plus.

Pourquoi cela ? Parce que les câlins sont un moyen essentiel pour les parents et leurs bébés ou enfants en bas âge de tisser des liens. Les câlins des parents provoquent des changements physiologiques immédiats et mesurables chez leurs enfants.

Et pourtant, quel jeune parent ne s’est pas entendu reprocher au moins une fois de passer trop de temps à prendre son bébé dans les bras ou à le câliner dès le moindre sanglot ? Quoi de mieux qu’un argument scientifique pour se défendre ?

2. Les câlins pourraient modifier les gènes des bébés

En novembre 2017, une équipe de l’université de Colombie-Britannique, au Canada, a publié les résultats d’une étude. Bien que préliminaire, elle a révélé que le fait de câliner les bébés pouvait entraîner des modifications épigénétiques. Selon l’Inserm, « alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’épigénétique s’intéresse à une ’couche’ d’informations complémentaires qui définit comment ces gènes vont être utilisés par une cellule… ou ne pas l’être. »

Les chercheurs de l’étude canadienne ont mené l’enquête sur 1 000 couples mère-enfant. Ils ont constaté que les bébés ayant été câlinés plus et plus tôt dans leur vie avaient des changements épigénétiques dans leur ADN que n’avaient pas ceux moins câlinés. Parmi les sites affectés par ces différences : un gène codant pour une protéine impliquée dans le métabolisme et un autre codant pour une protéine du système immunitaire.

Plus stupéfiant encore : les effets sont observés à long terme. Cinq ans après avoir été prodigués, la trace des câlins est encore visible sur le génome de ceux qui les ont reçus.

3. Les câlins déclenchent la libération d’ocytocine

L’ocytocine, souven surnommée « l’hormone de l’amour », est étroitement liée à la parentalité. C’est l’hormone libérée pendant l’accouchement et l’allaitement. Et elle joue un rôle crucial dans le renforcement des liens entre parents et enfants.

Les études montrent clairement que les baisers et les câlins sont bons pour la santé humaine en raison de la poussée correspondante d’ocytocine, qui peut entraîner de nombreux avantages : meilleur sommeil, meilleure santé cardiaque et réduction du stress. Et les avantages vont dans les deux sens. Les parents se sentent mieux et les enfants aussi.

Dans une étude de l’université de Miami menée en 2019, un effet physiologique des massages sur les enfants nés prématurément a également été constaté. Les bébés massés gagnent 47 % de poids en plus et à 12 mois, leur développement mental s’avère également meilleur.

4. Les câlins peuvent modifier le cerveau des enfants

Faire des câlins aux enfants et leur montrer de l’affection – uniquement lorsque cela est bienvenu, encore une fois – présente toutes sortes d’avantages sociaux et émotionnels. Mais cela peut aussi modifier directement le cerveau des bébés.

Une étude de 2017 analysant les résultats neurologiques des bébés prématurés a révélé que le toucher stimulait leur cerveau et déterminait également leur degré de réceptivité à l’affection par la suite. C’est l’une des raisons pour lesquelles la méthode « kangourou » est devenue une approche si importante dans beaucoup d’unités de soins intensifs néonataux dans le monde.

En Israël et au Canada, on étudie d’ailleurs ses bienfaits : au lieu d’être placés en couveuse, les nouveau-nés prématurés sont portés contre le ventre des parents. Selon une étude publiée en 2014, une heure par jour pendant 14 jours en période néonatale suffit à améliorer la réponse au stress, ainsi que le sommeil et les capacités cognitives des enfants kangourous, testés dix ans plus tard. Depuis 2022, la méthode « mère kangourou » est d’ailleurs recommandée par l’OMS.

« Nous savons que, dès la naissance, le toucher, le contact physique, l’attention et les câlins sont très importants pour la régulation du système nerveux et le développement du cerveau », a déclaré Emily Mudd, chercheuse à l’hôpital pour enfants Cleveland Clinic, dans un article publié sur son site Web concernant le pouvoir des câlins. « On le note dès la naissance, avec les soins kangourou et l’importance du contact peau à peau, et cela se poursuit vraiment pendant toute l’enfance. »

5. L’affection physique aide à réduire les peurs

Entre la récente pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, la crise économique et les mouvements sociaux, les sources d’angoisses et de peurs sont multiples. Les gens s’inquiètent pour leur survie, leur santé et leur sécurité, ainsi que pour celles de leurs proches.

En la matière, des études suggèrent que le contact physique peut aider à apaiser les peurs existentielles d’une personne.

Bien entendu, il ne faut jamais forcer les enfants à faire des câlins s’ils ne le souhaitent pas. Certains enfants ne sont tout simplement pas attirés par le contact physique. La bonne nouvelle ? Les experts affirment que le contact verbal peut également être très utile.

Cet article est une traduction et une adaptation d’un article publié en anglais sur Le HuffPost US le 14 février 2021.

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