Des faillites toujours aussi rares

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Le prolongement des aides permet aux sociétés d’éviter le dépôt de bilan. Un rattrapage est attendu à l’heure de la reprise.

Les annonces de suppressions d’emplois se succèdent, comme chez SFR ou Bosch, mais les faillites sont à un niveau anormalement bas. Au premier trimestre, les sauvegardes, les redressements judiciaires ou les liquidations continuent de baisser, de 21% par rapport à la même période en 2020, selon le Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandataires judiciaires (CNAJMJ). Malgré la crise, aucune déferlante ne s’est abattue. La Banque de France a dénombré 31212 défaillances en 2020, contre 51202 en 2019.

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Il a été d’abord supposé que le recul du nombre de procédures n’aurait qu’un temps, puisqu’il était lié à la paralysie du printemps 2020 et à la suspension de certaines démarches administratives. Puis, les dépôts de bilan restant toujours aussi rares, il a été établi que cette étrangeté était un effet des milliards d’euros publics venus au secours des entreprises, comme le chômage partiel, les fonds de solidarité, les aides au paiement des loyers ou autres prêts garantis par l’Etat. Rien que pour ce mois d’avril, avec le nouveau confinement, Bercy prévoit une dépense de 11 milliards d’euros. Anne Epaulard, professeure de macroéconomie à Dauphine et conseillère scientifique à France Stratégie, analyse chaque mois les données sur les défaillances, scrute quelles sociétés sont affectées et a coécrit plusieurs articles sur le sujet : «Cette crise si violente et inhabituelle comportait deux risques majeurs, celui que des entreprises viables et productives ne trouvent plus de financement, et celui que des entreprises qui auraient dû faire faillite continuent à exister. Le premier, plus dangereux que le second, a été évité grâce au soutien public massif.»


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