Faible croissance ou stagnation ?

Elle a été profonde et dévastatrice, mais la pire récession mondiale depuis les années 1930 est peut-être bien finie. Menées par la Chine, les économies émergentes d’Asie se sont rétablies rapidement, plusieurs d’entre elles se développant à des rythmes annualisés supérieurs à 10 % au deuxième trimestre de 2009. Sur la même période, quelques grands pays riches ont également renoué avec la croissance, mais plus modestement. La production du Japon a progressé à un rythme annualisé de 3,7 %. L’Allemagne et la France ont toutes deux atteint des taux légèrement supérieurs à 1 %. Aux Etats-Unis, où le marché immobilier montre des signes de stabilisation, les suppressions d’emplois ralentissent et la grande majorité des analystes pensent que le PIB augmentera au cours du troisième trimestre. La taille de la plupart des économies est encore beaucoup plus petite qu’il y a un an, mais, si l’on considère l’évolution trimestre par trimestre, elles sont en train d’amorcer un virage.

Voilà une bonne nouvelle. En effet, lors de toute sortie de crise, la première étape est franchie lorsque la production cesse de diminuer. Reste maintenant à savoir quelle forme prendra la reprise. Les débats s’articulent autour de trois scénarios : un redémarrage en V, en U ou en W. Une reprise en V serait rapide et vigoureuse ; en U, elle serait plus faible et plus progressive. Enfin, si elle prenait la forme d’un W, la croissance durerait quelques trimestres, avant de s’épuiser de nouveau.

Comparer avec les crises précédentes n’est pas pertinent

Selon les plus optimistes, l’ampleur de la chute laisse présager celle du rebond. Aux Etats-Unis, les pires récessions depuis la guerre ont été suivies de redémarrages en trombe, rappellent-ils. Au cours des deux années qui ont suivi la crise de 1981-1982, par exemple, la croissance est repartie à un taux annuel moyen de près de 6 %. Cette fois-ci, la production a plongé encore plus profondément et pendant plus longtemps que pendant les années 1980.

Quant aux pessimistes, ils estiment que la reprise sera molle ou que nous aurons affaire à une récession à double creux [une première baisse du PIB est suivie, après une reprise avortée, par un nouveau recul plus important]. Car, contrairement aux récessions classiques de l’après-guerre, celle-ci n’a pas été provoquée par le niveau élevé des taux d’intérêt, mais par une crise financière. Aujourd’hui, les emprunteurs surendettés doivent rééquilibrer leur bilan et les systèmes financiers nécessitent une réparation ; la croissance peut donc rester lente et fragile pendant des années. Après la crise bancaire japonaise des années 1990, l’économie du pays a stagné pendant dix ans. En 1997, une augmentation prématurée des impôts l’a fait replonger dans la récession.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles