Face aux ratés du début de son nouveau mandat, Macron forcé de reprendre la main avant les législatives

Après les ratés des premiers pas du gouvernement d'Élisabeth Borne et le fiasco de la finale de la Ligue des Champions, Emmanuel Macron revient en première ligne. Sur les bancs de Renaissance (ex-LaREM), on s'inquiète d'un exécutif déjà démonétisé.

Des grains de sable dans une mécanique qui se voulait parfaitement huilée. Depuis la nomination d'Élisabeth Borne à Matignon, l'exécutif enchaîne les mauvaises séquences entre Damien Abad, accusé d'agressions sexuelles, le fiasco du Stade de France et une inflation au plus haut depuis 1985. Emmanuel Macron avait pourtant sciemment orchestré le début de son quinquennat en tardant volontairement à nommer sa Première ministre.

"Il y a la volonté de réduire au maximum le temps entre la nomination du gouvernement et le premier tour des législatives pour donner le moins d'angles d'attaques possibles aux oppositions", expliquait Jean Garrigues, président du comité d'histoire parlementaire, à BFMTV.com, alors que l'annonce se faisait attendre.

"Incapable de gérer la crise" Abad

Problème: depuis que le nouvel exécutif est aux manettes, tout semble dérailler alors que le premier tour des législatives a lieu le 12 juin prochain. "On n'a pas de directeur de campagne qui donne une l'impulsion. On a des petites initatives par-ci, par-là mais ça ne fait pas une stratégie pour faire face aux couacs", se lamente ainsi un cadre du parti.

Il faut dire que le gouvernement multiplie les faux pas. Quelques heures à peine après la nomination de Damien Abad au ministère des Solidarités, Mediapart révèlait que deux femmes l'accusent d'agressions sexuelles. Après avoir nié être au courant de ses accusations, Matignon a admis dans un premier temps avoir eu vent d'une plainte classée sans suite, sans en connaître précisement le contenu.

Avant de finalement rétropédaler, l'entourage d'Elisabeth Borne expliquant qu'il y avait eu un malentendu et que la Première ministre n'était au courant de rien, que ce soit l'existence de la plainte ou de son contenu.

"On a donné une image désastreuse, comme si on était incapable de gérer une crise. On repassera pour la dream team", soupire un sénateur macroniste auprès de BFMTV.com.

Macron "furieux" après le Stade de France

A peine quatre jours plus tard, la soirée chaotique de finale de Ligues des champions au Stade de France s'est déroulée sous des millions de regard avec une gestion jugée catastrophique par l'Élysée.

"On peut dire que le président était furieux", a explique un proche du chef de l'État à BFMTV. "Il a été demandé expressément au ministre de l'Intérieur de monter au créneau et d'arrêter d'expliquer que nous n'étions responsables de rien", confie cette même source.

Autant d'élements qui freinent la dynamique que produit généralement l'élection du président de la République pour les législatives. La Nupes et la majorité présidentielle sont d'ailleurs au coude-à-coude dans le dernier sondage Elabe pour BFMTV et L'Express.

Dernier caillou dans la chaussure d'Emmanuel Macron: une inflation record, avec 5,2% des hausse de prix sur un an, du jamais vu depuis 1985. Là encore, l'exécutif enregistre un raté.

Pas de loi sur le pouvoir d'achat à l'Assemblée avant mi-juillet

À l'issue de son premier Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire avait expliqué qu'un projet de loi sur le pouvoir d'achat sera présenté avant les législatives. Le lendemain, elle avait finalement affirmé que ce serait après les élections, avant d'annoncer la date du 29 juin dans les colonnes du Parisien.

"Le texte ne pourra être examiné devant l'Assemblée nationale au mieux avant la mi-juillet. On repassera pour l'urgence", juge pour sa part un député marcheur.

Entre l'arrivée des nouveaux députés et l'installation des commissions, il faut environ trois semaines au Palais-Bourbon pour se mettre en ordre de bataille.

"Le problème, c'est qu'à force de ne vouloir aucune concurrence au sommet de l'État, on se retrouve avec une Première ministre qu'on n'entend pas. Et des poids lourds comme Édouard Philippe et François Bayrou ne se précipitent pas pour éteindre le feu".

Le président renoue avec les déplacements

De quoi pousser Emmanuel Macron à redescendre dans l'arène. Il était mardi à Cherbourg pour se pencher sur les dizaine de fermetures de services d'urgences cet été, faute de personnel.

Ce jeudi, le chef de l'État se rend à Marseille pour présenter son projet d'"école du futur" et vanter l'expérimentation pédagogique qui commencera dans 59 écoles de la cité phocéenne. D'autres déplacements sont également dans les tuyaux entre la Pentecôte et le premier tour des législatives, le 12 juin.

Suffisant pour convaincre les électeurs? Plusieurs sondages pointent l'hypothèse de l'absence d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale.

"C'est la pire hypothèse pour nous. On ne tiendrait rien, on serait obligé de faire des alliances avec LR au gré des lois. Il faut qu'on se bouge", se lamente un député marcheur.

A l'Élysée, le message est visiblement passé.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Jean-Michel Aphatie - Affaire Abad : "Emmanuel Macron demeure un amateur de la politique"

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