Face aux rébellions armées, la RDC prolonge indéfiniment l’état de siège

PHOTO / ALEXIS HUGUET / AFP

Ce 3 mai, pour la vingt-troisième fois, l’Assemblée nationale a voté le projet de loi en faveur de la prorogation de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu, indique Actualité.cd. C’est à la majorité de 348 députés, sur les 355 que compte la chambre basse du pays, que la loi a été adoptée. Cinq députés ont voté contre et deux se sont abstenus.

L’état de siège est instauré depuis le 6 mai 2021 dans ces provinces, où des groupes armés divers sévissent et essaiment. Il donne les pleins pouvoirs à l’armée et à la police congolaises pour lutter contre ces milices. La nouvelle prorogation entrera en vigueur dès le 5 mai, pour quinze jours.

Avant le vote de prolongation, des voix de la société civile s’étaient pourtant élevées pour dénoncer l’inefficacité, voire la contre-productivité, de cette mesure d’exception. Radio Okapi publie ainsi sur son site l’interview de Naupess Kibiswa, doyen de la Coordination de la société civile forces vives, qui estime que l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri “n’a pas apporté de gains”.

Un état de siège contre-productif

“Non seulement l’état de siège a pesé sur les populations en termes de privation des libertés et des droits fondamentaux, mais en plus il n’a pas apporté de gains proportionnels, des gains qu’on attendait de lui. Les résultats sont insuffisants. Tout continue comme avant l’état de siège, et même pire qu’avant l’état de siège”, a argumenté Naupess Kibiswa sur le site de la radio congolaise soutenue par l’ONU.

On retrouve la même analyse dans un éditorial publié par Al-Jazeera. Face à la myriade de groupes armés qui ont profondément pesé sur le nord du pays, l’état de siège n’aurait pas rempli sa mission de pacification puisque “la violence continue de s’aggraver : les enlèvements ont plus que doublé et les destructions de biens ont triplé au cours de l’année écoulée”.

Selon l’éditorialiste d’Al-Jazeera Nic Hailey, qui livre une analyse minutieuse des enjeux militaires et économiques de la situation, les faits sont là : pour trois soldats congolais déployés, un seul se battrait réellement. “Quant aux deux autres, dont le salaire sert à remplir les poches des officiers, l’un est fictif, et l’autre est déployé pour garder une mine.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles