La face noire des gilets jaunes

Pour le premier anniversaire du mouvement des Gilets Jaunes, la faible mobilisation a été confisquée par les black blocs et une frange radicalisée.

Mini-retour de flamme. Dix fois moins nombreux dans les rues de France qu’il y a un an, mais toujours plus violents à Paris, les gilets jaunes ont raté leur anniversaire. La démonstration de force des contestataires s’est perdue dans les nuages de gaz lacrymogène aperçus au-dessus de la place d’Italie, dans la capitale. Une fois encore, des groupes de black blocs et de gilets jaunes radicalisés sont venus en découdre et casser, cette fois, le mémorial du maréchal Juin, héros de la Seconde Guerre mondiale. Une nouvelle provocation après le saccage des Champs-Elysées et l’attaque contre l’Arc de Triomphe, en décembre 2018. Et on n’a retenu que les images de ces voyous, cassant à coups de marteau et en toute impunité le monument aux morts.

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Le lendemain, les ministres se sont relayés pour dénoncer les débordements. Comme un air de déjà-vu et entendu, chacun essayant de masquer l’incapacité du gouvernement à reprendre le contrôle de la rue: «on a assisté à une énième réplique des casseurs» (Didier Guillaume); «on a vu des barbares s’en prendre à l’espace public» (Christophe Castaner); «le mouvement est gangrené par l’extrême gauche violente» (Sibeth Ndiaye). Au même moment, ou presque, une poignée de gilets jaunes réussissait à envahir les Galeries Lafayette, à Paris, contraignant la célèbre enseigne à fermer ses portes. De quoi raviver une grande inquiétude chez les commerçants, à quelques semaines des fêtes de fin d’année. L’an passé, le mouvement avait entraîné une baisse de 25% des chiffres d’affaires, selon un rapport du Sénat, et une perte sèche de 50 millions d’euros rien que pour les Galeries Lafayette.

16 H 28, PLACE D’ITALIE Les black blocs se servent de panneaux de chantier pour construire une barricade. Ils seront chassés par des gaz lacrymogènes

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