Face aux nausées pendant la grossesse, les conseils des gynécos pour une meilleure prise en charge

Pregnant woman in toilet having morning sickness
South_agency / Getty Images Pregnant woman in toilet having morning sickness

GROSSESSE - Le Collège des gynécologues et obstétriciens français a présenté, ce vendredi 13 janvier, ses recommandations pour une meilleure prise en charge des formes les plus sévères de nausées et de vomissements durant la grossesse. Une affection pouvant parfois conduire à de graves complications.

Cette forme sévère de nausées et vomissements, appelée hyperémèse gravidique, est « bien identifiée » mais reste « assez mal connue et la prise en charge n’est toujours pas codifiée », a souligné Cyril Huissoud, gynécologue-obstétricien et secrétaire général du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). L’hyperémèse gravidique pâtit encore « d’une forme de mépris, de méconnaissance et de certains a priori concernant le profil psychologique des patientes », a ajouté Cyril Huissoud lors d’une conférence de presse.

« Un accompagnement global »

« Vomir à répétition durant des semaines, perdre du poids parfois de manière conséquente, être affaiblie, ne plus pouvoir assurer le quotidien, vie de famille et travail, est ce que peuvent vivre certaines femmes alors qu’elles sont enceintes et que la société leur répète « la grossesse n’est pas une maladie », pose comme constat le CNGOF dans un document préliminaire publié le 8 décembre sur son site.

Les recommandations du Collège prévoient notamment une prise en charge plus standardisée et une meilleure sensibilisation des soignants au dépistage, ce qui doit en particulier permettre de mieux connaître cette pathologie, mieux identifier les femmes à risques et mieux accompagner les patientes.

« Si les traitements médicamenteux ont une certaine efficacité, celle-ci est parfois limitée et il faut pouvoir proposer un accompagnement global pour limiter les complications et améliorer le soutien à ces femmes en grande difficulté », souligne le CNGOF.

Dans un document publié sur son site et partagé notamment le 8 décembre, le collège préconise des indicateurs d’évaluation plus précis, comme « la perte de poids rapportée au poids avant la grossesse, la recherche de signes cliniques de déshydratation ».

Les gynécos conseillent aussi à leurs confrères de laisser les femmes adapter librement leur régime alimentaire et leur mode de vie en fonction de leurs symptômes : « Aucune modification du régime alimentaire ou du mode de vie n’a prouvé son efficacité pour améliorer les nausées et vomissements gravidiques ».

« Souffrance psychique »

Les nausées et vomissements représentent l’un des symptômes les plus fréquents de la grossesse et touchent de 50 à 90 % des femmes. Le plus souvent, les symptômes sont peu sévères, sans altération de la qualité de vie et disparaissent à la fin du premier trimestre.

Mais pour un peu plus d’un tiers des femmes, les nausées et vomissements de la grossesse sont invalidants, altérant leur vie au quotidien et leur activité professionnelle.

Source de souffrance psychique, cette pathologie peut entraîner déshydratation et amaigrissement. Le retentissement psychologique et somatique est souvent important pour les femmes touchées et peut provoquer des complications maternelles ou fœtales sévères. Dans les cas les plus graves, cette maladie peut même entraîner un retard de développement du fœtus, voire un décès in utero.

Le CNGOF préconise ainsi l’hospitalisation pour les cas graves - « des pertes de poids significatives, ou des troubles hydroélectrolytiques » - mais rappelle aussi que : « Ces critères ne doivent pas être interprétés de façon stricte. L’association de plusieurs anomalies biologiques ne franchissant pas les seuils présentés ci-dessus peut aussi conduire à une hospitalisation » .

Chez environ 2 % des femmes enceintes, les vomissements sont incoercibles et représentent la première cause d’hospitalisation au premier trimestre de la grossesse.

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