«Face au FN, la gauche a choisi la solution de facilité»

Libération.fr

Responsable de la cellule de lutte contre le Front national au Parti socialiste, Sarah Proust critique les stratégies adoptées par la gauche. Et affirme qu’il faut prendre ses électeurs au sérieux.

Elue parisienne du Parti socialiste, Sarah Proust dirige avec la Fréjusienne Elsa Di Méo le groupe de travail de lutte contre le Front national au sein du PS. Elle vient de publier chez la Fondation Jean-Jaurès Apprendre de ses erreurs, un petit ouvrage qui revient sur vingt ans d’impasse stratégique de la gauche face à l’extrême droite.

Pourquoi cette autocritique vous semble-t-elle nécessaire aujourd’hui ?

A quelques semaines de la présidentielle, tout se passe comme si la place de Marine Le Pen au second tour était garantie, que seule la deuxième restait à prendre. Il nous faut redevenir crédibles sur la question du Front national. Or, crédible, la gauche n’est l’est plus aujourd’hui sur ce sujet, parce qu’elle a fait des erreurs - dont je ne m’exonère pas. Face au FN, nous ne sommes pas restés immobiles, mais nous avons choisi la facilité : il est plus simple de présenter Marine Le Pen comme l’héritière du fascisme que de contester efficacement l’action des mairies du Front national. Nous n’avons pas accepté la complexité du sujet. Si on ne fait campagne que sur la peur, comment touchera-t-on ces Français qui, justement, n’ont plus peur du FN ?

Selon vous, un certain décrochage à gauche dans la réflexion sur l’extrême droite date de la scission du FN, en 1999…

A l’époque, nous sommes nombreux à nous dire que cette scission est une sorte de suicide. Ce que semblent d’ailleurs prouver l’hémorragie de cadres subie par le FN et ses mauvais résultats lors des élections suivantes. A gauche, on baisse la garde, on se met en veille. Sans comprendre les raisons profondes de cette scission : au-delà d’une guerre de personnes entre Bruno Mégret et Jean-Marie Le Pen, il y avait un conflit stratégique qui préparait la réinvention de l’extrême droite. Car Mégret et son entourage (...)

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François Gemenne Chercheur en sciences politiques
Alexandre Delaigue Professeur d’économie
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