Face au débordement des maisons d’édition, les nouveaux auteurs s’autoéditent sur internet

Le rêve à portée de clics. Depuis le premier confinement, un Français sur dix se serait lancé dans l’écriture. Et de nombreux éditeurs qui croulent sous la masse de premières œuvres qu’ils reçoivent, ont demandé à ce qu’on ne leur envoie plus de manuscrits. Solution pour ces nouveaux auteurs : l’autoédition sur des plateformes numériques. Anthony Bigot est un marin habitant dans les Côtes-d'Armor. Lorsqu’il est sur la terre ferme, il s’adonne à sa passion, l’écriture. 20 ans après avoir écrit sa première fiction, il publie un nouveau roman, 48° Latitude Nord. L’écrivain a opté pour l’édition en ligne. "Ça me permet d’être lu plus rapidement. Si j’étais passé par une maison d’édition, le processus aurait été plus long. Et dans un deuxième temps, j’ai aussi l’espoir que mon travail puisse intéresser un éditeur", raconte Anthony Bigot. Le débordement des éditeurs classiques L’auteur est donc totalement indépendant et n'est géré par aucun éditeur. Les maisons d’édition, débordées par le phénomène, comme ici à Rennes (Ille-et-Vilaine), saluent le courage de ces audacieux auteurs, car le chemin est semé d’embûches. "On ne peut pas tout publier nous. En revanche, le parcours est plus dur. Il faut prendre son bâton de maréchal. Donc c’est un acte courageux", explique Mireille Lacour, des Éditions La Part Commune. Chaque semaine, elle reçoit près de 15 manuscrits. Soit deux fois plus qu’avant la crise sanitaire. À l’échelle nationale, Gallimard a déjà réceptionné 3 500 livres depuis le mois de janvier, alors que 1 200 lui sont envoyés sur l’ensemble d’une année habituelle. Chaque jour, ce sont 50 premiers romans livrés chez le fameux éditeur. Quant à Anthony Bigot, il verra peut-être son livre un jour dans une librairie. En attendant, il est disponible sur la plateforme en ligne Amazon pour 2,99 euros.